La Commission européenne n'attendra plus les six États membres qui refusent toujours de ratifier la convention d'Istanbul sur la lutte contre la violence à l'égard des femmes et la violence domestique, ont affirmé jeudi les commissaires Vera Jourova et Helena Dalli. Elle proposera au plus tard l'an prochain des mesures pour atteindre les mêmes objectifs que cette convention, ont-elles assuré en présentant la stratégie de l'exécutif européen en faveur de l'égalité entre les hommes et les femmes. La Bulgarie, la Hongrie, la Lettonie, la Lituanie, la Slovaquie et la Tchéquie ont signé mais pas encore ratifié ce texte de 2011 du Conseil de l'Europe, premier instrument international de ce type. Ils ne semblent pas enclins à le faire rapidement, a déploré Mme Jourova, alors que plusieurs des gouvernements de ces pays voient dans la convention une remise en question des notions de genre, de mariage ou de famille traditionnelle. "Si l'adhésion de l'UE à la convention d'Istanbul n'était pas possible, la Commission a l'intention de proposer, en 2021, des mesures, dans les limites des compétences de l'UE, pour atteindre les mêmes objectifs que cette convention", ont assuré les commissaires, qui sont en charge des Valeurs et de l'Égalité. La Commission a notamment l'intention d'étendre les domaines de criminalité dans lesquels une harmonisation est possible, en ajoutant la violence à l'égard des femmes à la liste des "eurocrimes". Cette liste reprend déjà le terrorisme, la traite des êtres humains et l'exploitation sexuelle, le trafic illicite de drogues, la corruption ou encore la criminalité organisée. Elle implique une définition commune de ces violences et des sanctions pénales minimales dans tous les États membres. La Commission proposera également des mesures supplémentaires pour combattre des formes spécifiques de violence sexiste, parmi lesquelles le harcèlement sexuel, la maltraitance des femmes et les mutilations génitales féminines. Elle compte aussi relancer sa proposition, bloquée depuis 2012, d'un quota de 40% de femmes (ou du sexe sous-représenté) parmi les membres non exécutifs des conseils d'administration. Et atteindre la parité hommes-femmes (50-50) à tous les niveaux hiérarchiques de la Commission d'ici à la fin de 2024, alors que le taux est actuellement de 41%. Afin de remédier à l'inégalité salariale, la Commission a lancé ce jeudi une consultation publique sur la transparence des rémunérations et proposera des mesures contraignantes d'ici la fin de 2020. La question de l'inégalité des retraites due aux régimes à temps partiels plus souvent exercés par des femmes fera aussi partie des priorités. (Belga)