Les Etats-Unis ont accusé vendredi la Chine et la Russie d'avoir "accéléré" leur coopération en matière de propagande à la faveur du nouveau coronavirus, avec Pékin adoptant de plus en plus des techniques russes de "désinformation". "Avant la crise liée au Covid-19, nous avions déjà constaté un certain niveau de coordination entre la Russie et la République populaire de Chine en matière de propagande", a déclaré Lea Gabrielle, coordinatrice du centre du département d'Etat américain chargé d'analyser et contrer la propagande étrangère. "Mais avec cette pandémie, la coopération s'est rapidement accélérée", a-t-elle ajouté lors d'une conférence de presse téléphonique. Selon elle, cette "convergence est le résultat du pragmatisme des deux acteurs, qui veulent modeler la lecture de la pandémie de Covid par l'opinion dans leur propre intérêt". Fin mars, alors que le président américain Donald Trump et son homologue chinois Xi Jinping avaient conclu une trêve informelle dans la guerre des mots entre les deux grandes puissances sur l'origine de la maladie, Washington s'était félicité de voir la Chine ne plus propager de théories complotistes sur internet au sujet d'une implication américaine. Mais la trêve a rapidement volé en éclats, l'administration Trump accusant les autorités chinoises d'avoir dissimulé un accident de laboratoire qui aurait été à l'origine de la pandémie. Et d'après le département d'Etat, Pékin a de nouveau intensifié sa campagne de "désinformation", pour défendre la gestion chinoise de l'épidémie et critiquer les Etats-Unis. Selon Lea Gabrielle, les autorités chinoises "s'adaptent en temps réel et utilisent de plus en plus des techniques employées depuis longtemps par Moscou". "Nous constatons que le Parti communiste chinois adopte des tactiques russes", car "il estime que ça marche", a-t-elle insisté. Elle a décrit un recours fortement accru à "des logiciels pour développer ses thèses sur les réseaux sociaux", avec un grand nombre de "comptes Twitter non authentiques créés dans le but d'amplifier la propagande et la désinformation chinoise". Le phénomène avait déjà été relevé par Washington à l'occasion des manifestations pro-démocratie à Hong Kong, mais s'est depuis renforcé, a-t-elle dit. (Belga)