Début juin, le ministre wallon de l'Économie, Willy Borsus, avait assuré que les autorités régionales allaient étudier la piste d'une Fondation ou d'une formule alternative à but non lucratif pour la reprise des Éditions de l'Avenir. Ce mardi, en commission du Parlement de Wallonie, il a surtout pointé les difficultés d'une telle solution. "Quand un projet existe, quand il y a des pistes, on doit les creuser. Je réponds donc favorablement à l'idée d'étudier ces nouvelles pistes sans interférer dans le processus en cours", avait assuré Willy Borsus aux parlementaires régionaux au début du mois de juin. Depuis, la SRIW s'est penchée sur le sujet et ce sont avant tout les difficultés du projet qui semblent ressortir d'une première analyse. "L'activité du journal et du toute-boîte est structurellement déficitaire. Par ailleurs, la valeur actuelle du groupe est limitée et des investissements sont nécessaires pour qu'elle progresse. Un adossement à un groupe solide est en outre nécessaire pour réaliser des synergies opérationnelles", a résumé le ministre ce mardi. "Se pose aussi la question de la temporalité" alors que Roularta a lancé une offre ferme, le 22 juin dernier, sur L'Avenir Hebdo et les hebdomadaires télés Moustique et Télé Pocket, assurant être en en mesure de garantir "un avenir durable" aux deux publications, a poursuivi Willy Borsus. "En toute transparence, les éléments de mise en œuvre d'une Fondation me paraissent complexes", a-t-il estimé. Cette conclusion s'apparente à "un enterrement de première classe" pour le scénario d'une fondation, a regretté le député humaniste Benoît Dispa. "C'était pourtant une piste sérieuse pour développer une presse indépendante ancrée sur notre territoire", a-t-il ajouté. Le propriétaire, Nethys, a lancé en février la procédure de vente de ses titres de presse, qui devait aboutir pour la fin juin. Trois sociétés logées dans le pôle Médias de l'entreprise sont mises en vente: les Éditions de l'Avenir (L'Avenir, le Journal des Enfants), L'Avenir Advertising (Proximag et régie publicitaire) et L'Avenir Hebdo (Moustique/Télépocket). Quatre candidatures ont dans un premier temps été déclarées recevables: celles du fonds d'investissement allemand Fidelium Partners, du Groupe Rossel (Le Soir, Sudpresse), d'IPM Group (La Libre Belgique, La Dernière heure) associé à différents partenaires ainsi que celle de Roularta Media Group (Le Vif, Knack). Le processus de vente a ensuite été suspendu, les offres de rachat rendues par ces candidats ayant été jugées insuffisantes ou pas assez abouties par le nouveau management de Nethys. Roularta est sorti du bois le 22 juin dernier en lançant une offre ferme pour acquérir L'Avenir Hebdo et les hebdomadaires télés Moustique et Télé Pocket. Une décision finale quant à la vente des différentes filiales était attendue dans la foulée mais elle a été reportée. Un nouveau conseil d'administration de Nethys est prévu ce mardi. (Belga)