Les rebelles Houthis au Yémen ont donné leur accord pour que l'ONU procède à une inspection et à de premières réparations du pétrolier abandonné Safer, ancré au large de Hodeida et qui risque de provoquer une marée noire, ont indiqué mardi les Nations unies qui espèrent pouvoir réaliser cette mission fin janvier ou début février."Nous avons reçu samedi une lettre officielle" des Houthis "indiquant leur accord pour les propositions de l'ONU sur une mission d'experts pour le pétrolier", a indiqué le porte-parole de l'ONU, Stéphane Dujarric, lors de son point-presse quotidien. "Nous avons encore à définir le calendrier du déploiement parce que cela va dépendre de la disponibilité sur le marché des équipements nécessaires" à la mission d'évaluation et aux réparations, a-t-il précisé. "Si tout se passe bien, l'équipe et l'équipement pourraient arriver sur place fin janvier ou début février", a ajouté le porte-parole. Interrogé pour savoir en quoi l'accord des Houthis diffère de celui qu'ils avaient donné en juillet sans qu'une suite soit possible, Stéphane Dujarric a souligné que l'accord donné samedi était plus formel que le précédent. "C'est une étape importante pour ce travail critique" d'évaluation du Safer. "L'objectif de la mission de l'ONU est d'inspecter le navire et d'assurer une maintenance initiale comme de formuler des recommandations sur les actions futures à entreprendre pour neutraliser le risque d'une fuite de pétrole", a-t-il dit. L'ONU tente de sécuriser ce navire depuis des années mais les rebelles Houthis lui avaient refusé jusqu'à présent tout accès au navire. Vieux de 45 ans et contenant 1,1 million de barils de brut, le FSO Safer est ancré depuis 2015 au large du port de Hodeida (ouest), à une soixante de km des premières zones habitées dans le pays en guerre entre pouvoir et rebelles Houthis depuis 2014. Une fuite de pétrole pourrait affecter des pays riverains, notamment Djibouti, l'Erythrée et l'Arabie saoudite, ainsi que le trafic maritime commercial en mer Rouge. Une marée noire pourrait détruire les écosystèmes de cette mer, faire fermer le port vital de Hodeida pendant six mois et exposer plus de 8,4 millions de personnes à des niveaux élevés de polluants, selon des études indépendantes. En juillet, le Conseil de sécurité de l'ONU avait mis en garde contre une possible "catastrophe". Utilisé comme plateforme de stockage flottante, le navire n'a subi aucun entretien depuis 2015, ce qui a conduit à l'érosion de sa structure et à la détérioration de son état. (Belga)