un panneau "Justice pour Mawda" et une photo de la fillette kurde tuée par un policier

Affaire Mawda : le procès

Le 17 mai 2018, l’affaire Mawda secouait la Belgique. Mawda est une fillette kurde de deux ans, tuée par balle par un policier lors d’une course-poursuite sur la E42, à hauteur de Nimy. A bord de la camionnette poursuivie, outre la petite fille et ses parents, se trouve une trentaine de migrants kurdes. Le policier, aujourd’hui accusé d’homicide involontaire et de bavure policière, a dit vouloir tirer dans le pneu pour arrêter la camionnette grâce à une crevaison lente. Le 23 novembre, il est entendu au tribunal de première instance de Mons pour expliquer son geste. Pendant le même procès, le chauffeur de la camionnette et le passeur présumés sont également jugés. L’avocate générale a requis un an de prison avec sursis à l’encontre de Victor J, le policier, pour avoir provoqué la mort de Mawda sans avoir l’intention de la donner. Le chauffeur, Jagrew D., pourrait être condamné à 10 ans d’emprisonnement et le passeur, Radol D.A., à 7 ans pour mise en danger de la vie d’autrui. Le tribunal rendra son verdict final le 12 février 2021.


L’affaire Mawda

L’affaire Mawda

A deux heures du matin, le jeudi 17 mai, des agents de police repèrent une fourgonnette suspecte, sur une aire d’autoroute. Alors qu’ils veulent procéder à un contrôle, celle-ci prend la fuite sur l’autoroute E42. S’entame alors une course-poursuite de plusieurs dizaines de kilomètres qui se termine sur un coup de feu. Une fillette, Mawda, est alors sortie de la camionnette, en sang. Elle est emportée, sans ses parents, en ambulance, dans laquelle elle mourra. Au total, 30 migrants, dont 4 enfants, étaient dans le véhicule. L’affaire Mawda prend un tour politique lorsque les autorités judiciaires affirment, le jour même, qu’aucun coup de feu n’a été tiré et que le décès est dû à un traumatisme crânien - et se concentrent sur les arrestations administratives des migrants plutôt que sur l’enquête du décès. Dès le lendemain, le parquet est obligé de se rétracter à cause du rapport d’autopsie qui rapporte une blessure par balle. Dans cette affaire, il est également reproché aux policiers leur manque d’empathie : ils ont empêché les parents de Mawda de l’accompagner dans l’ambulance et leur ont donné l’ordre de quitter le territoire, après les avoir mis en garde-à-vue. Le récit complet de l'Affaire Mawda.