Maison Blanche, à Washington

USA : Election présidentielle américaine 2020

La prochaine élection présidentielle américaine se déroulera le mardi 3 novembre 2020. Il s’agit d’une élection au suffrage universel indirect assez complexe.

Deux camps principaux se distinguent aux USA lors des élections présidentielles américaines : le Parti républicain et le Parti démocrate, auxquels s’ajoutent des formations mineures tels que le Parti vert des États-Unis ou le Parti libertarien.Tout d’abord, des débats opposent les candidats qui briguent la tête de chaque parti. Puis, le 3 février 2020, les votes commencent officiellement avec le caucus de l’Iowa : ce sont les primaires, au terme desquelles sont désignés les candidats à la présidentielle - en juillet pour le candidat démocrate, et en août pour le candidat républicain. Les candidats en lice pourront alors officiellement commencer leur campagne électorale présidentielle. Le 29 septembre 2020 aura lieu le premier débat présidentiel, suivi de deux autres les 15 et 22 octobre 2020. Enfin, le 3 novembre 2020, les citoyens américains éliront les Grands Électeurs issus d’un camp ou de l’autre, dont l’ensemble s'appellera le “collège électoral”. Le prochain locataire de la Maison Blanche devra ensuite rallier la moitié du Collège électoral, et donc comptabiliser la majorité des suffrages, à savoir les votes d’au moins 270 grands électeurs, afin de devenir le nouveau président. Il sera officiellement proclamé 59e président des États-Unis début janvier et prêtera serment deux semaine plus tard.

Les primaires démocrates

Les primaires démocrates

Les primaires présidentielles du Parti démocrate américain commencent par le Caucus de l’Iowa et se terminent par la primaire de Washington, respectivement le 3 février et le 16 juin 2020. Durant celles-ci, les électeurs américains sympathisants et/ou membres du parti se réunissent pour désigner leur candidat pour les élections présidentielles. Pour cette primaire démocrate 2020, on comptait une vingtaine de candidats : Elizabeth Warren (sénatrice pour le Massachusetts, qui se retire le 5 mars, après le "super mardi" au cours duquel elle ne remporte aucun scrutin), Bernie Sanders (sénateur pour le Vermont, qui avait perdu les primaires de 2016 face à Hillary Clinton et qui abandonne sa campagne le 8 avril 2020 après une série de défaite face à son concurrent, Joe Biden), Pete Buttigieg (maire de South Bend, mais qui abandonne les primaires démocrates le 2 mars 2020), Michael Bloomberg (milliardaire, magnat des médias et ancien maire de New York, qui se retire également de la course à la présidentielle le 4 mars 2020), etc. Tous les candidats ayant abandonné, c'est le favori, Joe Biden (vice-président de Barack Obama et ancien sénateur pour le Delaware) qui représentera les démocrates lors de la course présidentielle. La convention nationale démocrate signe la fin officielle des primaires : il s’agit d’une convention qui rassemble, entre autres, les représentants de tous les Etats et lors de laquelle sont désignés les candidats ou candidates démocrates à la présidence et à la vice-présidence. Le programme électoral est également établi à cette occasion.

Les primaires républicaines

primaires républicaines

Les primaires républicaines suivent le même schéma que les primaires démocrates. Cette année, plusieurs candidats républicains avaient posé leur candidature : Donald Trump (qui brigue un second mandat en tant que président américain et qui est actuellement sous le feu d'une procédure d'Impeachment), Joe Walsh (ancien membre de la Chambre des représentants) et Bill Weld (ancien gouverneur du Massachusetts). Mark Sanfort, initialement candidat et ancien gouverneur de la Caroline du nord, a, quant à lui, retiré sa candidature le 12 novembre. Ce nombre réduit de candidats et l’absence de grands noms politiques américains dans la course présidentielle (Bob Corker, Mitt Romney, Jeff Flake, etc.) s’explique par le fait qu’il est extrêmement rare pour un parti de priver un président sortant d’une seconde investiture. Le Parti républicain américain a d’ailleurs d’ores et déjà annoncé qu’il soutiendrait Trump dans sa campagne présidentielle de réélection. Trump, favori républicain, a changé son célèbre slogan “Make America Great Again” en “Keep America Great” et a confirmé (dès novembre 2018) la nomination de Mike Spencer pour un second mandat de vice-président. Début juillet, Kanye West décide également de se lancer dans la course à la présidentielle. Comme le parti républicain a déjà choisi son candidat, à savoir le président Trump, le célèbre rappeur et producteur a d'ores et déjà annoncé qu'il se présenterait comme candidat indépendant, sous la bannière du "Birthday Party".  

Les grands électeurs

les grands électeurs

Les grands électeurs forment le collège électoral, qui élira officiellement le président des USA au terme de l’élection américaine. Il y en 538 grands électeurs , qui sont répartis de la façon suivante : 435 députés, 100 sénateurs et 3 grands électeurs supplémentaires pour Washington. Le nombre de grands électeurs par État est égal au nombre de députés élus à la Chambre des Représentants, additionnés des 2 sénateurs de l’État. Ce nombre de députés est lui-même fonction du recensement démographique programmé tous les 10 ans en Amérique - le dernier ayant été fait en 2010 et servant donc pour la dernière fois lors des élections américaines 2020. Une particularité du mode de scrutin américain est le principe du “Winner-take-all” : hormis le Nebraska et le Maine qui opte pour une répartition proportionnelle, les États octroient la totalité de leurs grands électeurs au vainqueur du scrutin présidentiel. Cela explique qu’un candidat puisse perdre aux élections alors même qu’il avait plus de voix que le président élu : ce fut le cas lors de l’élection de George W. Bush face à Al Gore. Autre originalité de la politique américaine : aucune loi n’impose à un grand électeur de respecter le vote populaire en donnant sa voix au candidat ou à la candidate de son propre parti - cela n’arrive néanmoins qu’extrêmement rarement.

Les Etats

Les Etats

Certains États comportent plus de grands électeurs que d’autres et convaincre leur électorat est donc plus intéressant pour les candidats. Il y a, bien entendu, le Texas (38 grands électeurs) et la Californie (55), mais le premier est traditionnellement en faveur des élus démocrates et le second en faveur des élus républicains. Lors de la campagne présidentielle américaine, il faut donc prioritairement convaincre les Américains des “swing states” , ces Etats qui n’ont pas historiquement une préférence pour l’un ou l’autre des partis américains. Parmi ceux-ci, on retrouve New York (29), la Floride (29), la Pennsylvanie (20), l’Illinois (20), etc.

Le vote américain

Le vote américain

Le vote n’est pas obligatoire dans le système électoral des Etats-Unis. Le taux de participation n’est d’ailleurs généralement pas élevé : en 2012, il était de 54,9 % (environ 129,1 millions d’électeurs pour 235,2 millions de citoyens en âge de voter) et en 2016, de 55,7 % (environ 136,7 millions d’électeurs sur une population de 251,1 millions d’habitants en âge de voter). Le plus grand taux d’abstention fut en 1924, avec seulement 48,9% de participation. Si elles sont régies par des textes constitutionnels et législatifs fédéraux, les conditions de droit de vote diffèrent en fonction des Etats, notamment au sujet de la déchéance du droit de vote après une condamnation pénale et du droit de vote des personnes étrangères. De manière générale, ceux qui passeront par les urnes auront, au minimum, 17 ans pour les élections primaires et 18 ans pour l'élection présidentielle américaine. Par ailleurs, dans 19 États, les jeunes ont le droit, dès 16 ans, de voter pour les référendums et les élections municipales.