Un budget 800 millions d’euros trop court : la SNCB contrainte de reporter des investissements prévus pour 2023-2024

À l’issue du conclave budgétaire du gouvernement fédéral, la SNCB n’a eu d’autre choix que de reporter certains de ses projets à plus tard.

Leuven, Belgium - September 29: Official opening of NMBS/SNCB's bike park under the Martelarenplein in Leuven, in the presence of CEO Sophie Dutordoir, Minister Georges Gilkinet and Mayor Mohamed Ridouani, among others (additional investments in the railways).
.Leuven, Belgium, 29/09/2022.  ( Photo by Bert Van Den Broucke / Photonews
"Nous allons revoir la portée de nos ambitions ainsi que leur calendrier. La période critique sera 2023-2024", a expliqué Sophie Dutordoir, CEO de la SNCB. ©BVB

La SNCB va devoir reporter une série d’investissements initialement prévus pour 2023-2024. C’est ce qu’a annoncé la patronne de la société ferroviaire, Sophie Dutordoir, à l’issue du conclave budgétaire du gouvernement fédéral. "C’est un exercice particulièrement périlleux que nous voulons surmonter avec Infrabel dans les semaines à venir", a-t-elle précisé en commission mobilité de la Chambre.

Initialement, la SNCB avait demandé une allonge d’un peu plus d’un milliard d’euros pour son budget, notamment pour faire face à la facture d’énergie qui devrait doubler en 2023 et aux indexations des salaires. Malheureusement pour elle, l’entreprise ne recevra "que" 234 millions d’euros supplémentaires de la part du gouvernement, laissant donc un vide à combler de 808 millions d’euros, pointe Sophie Dutordoir.

Pour la période 2025-2032, la dotation de la SNCB devrait être revue à la hausse alors que les besoins seront moins grands. "Nous allons donc revoir la portée de nos ambitions ainsi que leur calendrier. La période critique sera 2023-2024", ajoutait-elle, soulignant encore le risque de dépassement du plafond de la dette. Actuellement, la SNCB affiche une dette de 2,355 milliards d'euros. Si le gouvernement a relevé le plafond à 2,565 milliards, à l'issue du conclave et en l'absence d'économies supplémentaires, ce plafond pourrait être explosé en 2023 (2,7 milliards) et 2024 (3 milliards).

"Nous allons donc, outre les améliorations prévues en matière d'efficience, devoir reporter des projets que nous souhaitions entamer au 1er janvier. Nous allons limiter les coûts au niveau de l'exploitation là où ce sera possible", précisait encore la CEO, qui a toutefois défini sa ligne rouge. La pression doit être réduite par le déploiement de nouveaux équipements, et les recrutements prévus resteront d'actualité.