L'Europe propose l'élargissement de l'appellation "vin", y compris pour le 0°

L'eurodéputé Eric Andrieu, rapporteur d'un des trois volets de la Pac post-2020, lève un coin du voile sur ce qui sera soumis au vote du Parlement européen, des mesures qui concerneront tant les consommateurs que les agriculteurs..

L'Europe propose l'élargissement de l'appellation "vin", y compris pour le 0°
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C’est dans un climat difficile, de crise sanitaire qui a révélé l’importance de l’agriculture, de crise économique qui est y liée et d’enjeux environnementaux à atteindre, que la réforme de la Politique agricole commune (Pac) va être soumise cette semaine au vote du Parlement européen. Enfin, on est encore loin d’un vote final puisque plus de mille amendements aux textes ont été déposés. Ils seront passés en revue dès mercredi et cela devrait prendre des jours. Trois rapporteurs de la Pac post-2020 ont été désignés. Parmi eux, Éric Andrieu, eurodéputé socialiste français et membre de la commission de l’agriculture du Parlement. Depuis 2018, il planche sur le volet "Organisation du marché agricole" (OCM) de la Pac et il nous livre quelques éléments phare qui le composent.

L’appellation "vin", y compris pour le 0°

Avec les fermetures de nombre d’établissements horeca en Europe en raison de l’épidémie de Covid-19, le secteur viticole souffre. Afin de lui redonner un peu de souffle, il sera proposé de prolonger l’autorisation de plantation des vignes jusqu’en 2050 (la limite actuelle est 2030). La viticulture est en effet soumise à des quotas. En France, par exemple, la création de nouvelles parcelles est limitée à 1 % du total de la superficie plantée.

C’est une petite révolution : un amendement au texte propose que l’appellation "vin" ne soit plus réservée aux produits ayant minimum 8,5° d’alcool mais bien à tous les taux en dessous, y compris à 0°, pour le vin désalcoolisé. De plus, les producteurs devraient être obligés d’indiquer les ingrédients composant leur vin et les calories contenues, soit sur l’étiquette même, soit via un code QR.

"Sur ces deux derniers points, ça a été un vrai débat avec le secteur viticole, qui y était opposé", commente Éric Andrieu. "On a constaté que la demande des consommateurs a beaucoup évolué vers des vins moins chargés en alcool. Élargir l’appellation "vin" a pour but d’éviter qu’on fabrique chimiquement un produit qui n’a rien à voir avec le vin. Quant à l’étiquetage, on incitera de la sorte les producteurs à aller vers le qualitatif et donnera davantage d’information aux consommateurs."

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