La pandémie a coûté à l'économie belge plus de 71 millions de journées de travail

Il s'agit des jours ouvrables pendant lesquels les salariés étaient en chômage temporaire.

La pandémie a coûté à l'économie belge plus de 71 millions de journées de travail
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La Libre Eco avec Belga

Les treize premiers mois de la coronapandémie, de mars 2020 à mars 2021, ont coûté à l'économie belge 71 millions de journées de travail. Il s'agit des jours ouvrables pendant lesquels les salariés étaient en chômage temporaire. C'est ce que montre une étude Dynam réalisée par le groupe de recherche Éducation et marché du travail (HIVA) de la KU Leuven, dirigé par le professeur Ludo Struyven et les chercheurs Tine Vandekerkhove et Tim Goesaert.

Il existe également des différences frappantes entre les régions flamande, wallonne et bruxelloise. "Il existe actuellement de nombreuses attentes positives à l'égard du marché du travail belge. Celles-ci ont été récemment exprimées par la Banque nationale", déclare M. Struyven. "Mais il y a aussi un côté sombre à l'histoire, qui est difficile à voir dans les chiffres actuels de l'emploi. Nous voyons ce côté dans les chiffres du chômage temporaire".

L'équipe a examiné les chiffres des treize derniers mois. Non seulement le nombre élevé de journées de travail perdues est frappant, mais les différences entre les régions sont également importantes. Relativement parlant, la région flamande comptait le plus grand nombre de salariés en chômage temporaire. La région de Bruxelles, en revanche, a connu, en moyenne, le plus grand nombre de jours de chômage temporaire par personne.

"Cela n'est pas surprenant en soi"

"Cela n'est pas surprenant en soi", explique le chercheur Vandekerkhove. "Le tissu sectoriel diffère fortement dans les trois régions. Dans la région de Bruxelles, il y a relativement plus d'emplois dans les secteurs qui ont été durement touchés par la crise. Pensez à l'industrie de la restauration, au tourisme et aux événements. Le trafic pendulaire vers Bruxelles a également diminué, ce qui a eu un impact supplémentaire. En Flandre et en Wallonie, ces secteurs existent également, mais on y trouve davantage d'industrie, par exemple, où l'impact de la pandémie a été moins prononcé. Il est logique que les travailleurs du secteur de l'hôtellerie, par exemple, aient été temporairement au chômage pendant plus de jours."

Les différences régionales ne sont pas seulement visibles pour les marchés du travail régionaux dans leur ensemble. Même au sein d'un même secteur, le nombre moyen de jours de chômage temporaire est plus élevé à Bruxelles et plus faible en Flandre. Une explication peut être trouvée dans l'étroitesse du marché du travail. En Flandre, la pénurie imminente de personnel joue un rôle plus important qu'à Bruxelles ou en Wallonie.

"Il est très plausible que les employeurs en Flandre aient davantage réparti le nombre de jours de chômage temporaire sur leurs employés, précisément parce qu'ils ont essayé de maintenir un lien avec leur personnel. L'étroitesse du marché du travail les y contraint", explique M. Struyven. "C'est probablement la raison pour laquelle la région flamande a le nombre relatif le plus élevé de travailleurs en chômage temporaire, mais un nombre de jours par travailleur plus faible."

Le système de chômage temporaire restera en place en Belgique au moins jusqu'au 30 septembre. "Le système a certainement fait ses preuves", conclut M. Struyven. "La question est maintenant de savoir à quoi ressemblera l'avenir. Cela dépend des décisions politiques : peut-être le système sera-t-il progressivement supprimé, mais de quelle manière ? Ou sera-t-il remplacé par une autre forme de soutien aux secteurs les plus touchés ? Cela devrait devenir clair dans les mois à venir."

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