Un accord trouvé entre Londres et Bruxelles dans la "guerre de la saucisse"

Un contentieux sur l'exportation de viande vers l'Irlande du Nord opposait les deux parties.

placeholder
© AFP
La Libre Eco avec AFP

Le gouvernement britannique a annoncé mercredi être parvenu à un accord avec l'Union européenne dans la "guerre de la saucisse", avec le report de trois mois, jusqu'à fin septembre, de la mise en place de certaines mesures post-Brexit pour l'Irlande du Nord. 

Conclu à la suite de vives tensions entre Londres et Bruxelles sur le sujet, cet accord permettra à la Grande-Bretagne de continuer à expédier vers la province britannique de la viande réfrigérée, comme des saucisses anglaises, ce qui sinon aurait été interdit à partir du 1er juillet. "Nous sommes ravis d'avoir pu parvenir à une extension raisonnable pour la viande réfrigérée envoyée de Grande-Bretagne vers l'Irlande du Nord", a déclaré le secrétaire d'Etat chargé du Brexit, David Frost dans un communiqué.

"C'est une première étape positive mais nous devons toujours trouver une solution permanente" car "l'Irlande du Nord fait partie intégrante du Royaume-Uni et ses consommateurs doivent pouvoir jouir des produits achetés en Grande-Bretagne pendant des années".

De son côté, l'UE a insisté sur le fait que cet accord est "temporaire" et s'accompagne de "fortes conditions". "Nous ne donnons pas un chèque en blanc", a prévenu le vice-président de la Commission européenne, Maros Sefcovic.

Eviter une frontière "dure" en Irlande

Difficilement négocié dans le cadre de l'accord de Brexit et effectif depuis le 1er janvier, le protocole nord-irlandais maintient de fait la province britannique dans le marché unique et l'union douanière européens pour les marchandises, en prévoyant des contrôles douaniers sur les biens arrivant en Irlande du Nord depuis la Grande-Bretagne, séparée par la mer.

Les crispations entre Londres et Bruxelles concernaient surtout l'entrée en vigueur, initialement prévue jeudi, de mesures y empêchant l'envoi de viande réfrigérée en provenance de l'île de Grande-Bretagne, comme c'est le cas pour les pays n'appartenant pas à l'UE.

Bruxelles accusait Londres de ne pas respecter les engagements conclus, et les Britanniques reprochaient aux Européens d'être trop "puristes" dans l'application des règles.

L'objectif du protocole est d'éviter que les contrôles aient lieu entre la province et la république d'Irlande, au sud, et ainsi prévenir le rétablissement d'une frontière dure entre les deux territoires qui pourrait compromettre la paix en Irlande du Nord, après trois décennies de violences sanglantes.