Urbanisation, augmentation des surfaces agricoles… Les activités humaines ont-elles amplifié les effets des inondations ?

Selon Aurore Degré, une vision globale est nécessaire pour s’attaquer au risque d’inondation.

Si éviter les inondations est impossible, il serait envisageable de les rendre moins dévastatrices.
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De nombreuses personnes ont mis en avant la responsabilité humaine dans ces inondations : urbanisation, augmentation des surfaces agricoles… Qu’en est-il réellement ? Explications avec Aurore Degré, ingénieur agronome et professeur à Gembloux Agro-Bio Tech.

"Bien sûr, l’urbanisation aggrave les choses, explique-t-elle. Mais avec des pluies comme ça, même une forêt primaire aurait été inondée. Dans ce genre de circonstances, on a envie de trouver des coupables. Mais je trouve injuste de stigmatiser les agriculteurs".

Selon la professeure, c’est l’imperméabilisation des sols, en général, qui accentue la gravité des inondations. Les terres agricoles ne sont donc pas les seules surfaces en cause. "Les parkings en tarmac, les friches industrielles, tout cela contribue à rendre les sols imperméables", déclare Aurore Degré.

Impossible d’éviter les inondations

Si éviter les inondations est impossible, il serait envisageable de les rendre moins dévastatrices. "Il est possible de diminuer la pression via la "désimperméabilisation" des sols, déclare Aurore Degré. En choisissant la bonne surface au départ, elle pourrait absorber plus d’eau. Une autre solution serait d’installer des diguettes, des barrages temporaires…".

Selon Aurore Degré, une vision globale est nécessaire pour s’attaquer au risque d’inondation. “Cette vision globale était moins présente auparavant, estime-t-elle. Nous héritons donc d’une occupation du territoire issue d’un passé urbanistique qui ne prenait pas en compte ce risque. Si je comble une mare, cela n’a pas un gros impact. Mais si tout le monde le fait, cela ajoute de la pression sur les sols.”

Le site du SPF Wallonie – Giser (Gestion intégrée sol – érosion – ruissellement) liste une série de solutions à utiliser comme barrages filtrants en zones agricoles : filtres à paille, gabion, haie dense, panneau tressé… D’autres solutions pour les habitations sont aussi disponibles.

Par ailleurs, des permis de bâtir sont encore accordés en zone rouge, ce qui accentue évidemment les risques. "C’est un choix à faire, les gens savent que les assurances n’interviennent pas", précise Aurore Degré.

Piqûre de rappel

Selon Aurore Degré, cet événement constitue en tout cas une piqûre de rappel en ce qui concerne le risque d’inondation. "Ce risque va revenir dans l’imaginaire collectif, explique la professeure. Les gens feront davantage attention à cela quand ils achèteront une maison ou un terrain à bâtir. Les informations sur les zones inondables sont d’ailleurs disponibles".

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