De Croo à Loones (N-VA) : "Je partage votre inquiétude sur nos finances publiques"

Sander Loones, député N-VA, a interpellé en séance plénière le Premier ministre Alexander De Croo, qui lui a répondu.

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Il y a quelques jours, le Comité de monitoring montrait qu’en 2021, le déficit de la Belgique allait se détériorer de 800 millions d’euros, à 37,8 milliards d’euros (7,8 % du PIB), notamment en raison d’un déficit beaucoup plus important que prévu du côté des Régions et pouvoirs locaux. Pour la N-VA, principal parti d’opposition, cette fragilisation plus prononcée des finances publiques justifierait une prise en mains anticipée de la situation.

"Des réformes à engager rapidement"

Sander Loones, député N-VA, a ainsi interpellé le Premier ministre Alexander De Croo en séance plénière : "Je me demande s’il est bien judicieux d’attendre la mi-septembre pour entamer ces discussions budgétaires. Par ailleurs, a-t-il ajouté, avez-vous des nouvelles concernant les grandes lignes des réformes du marché du travail de Pierre-Yves Dermagne (PS) et des pensions de Karine Lalieux (PS) ? Ce sont là des réformes structurelles importantes qu’il faudrait engager le plus rapidement possible."

Alexander De Croo a entamé sa réponse en affirmant qu’"il partageait son inquiétude relative à l’état de nos finances publiques". Tout en nuançant fortement…

Le retour de la croissance

Pour le Premier ministre, la Belgique prend ses responsabilités. Il y a d’abord l’accord de coalition gouvernemental, "qui prévoit un effort budgétaire fixe de 0,2 %". Et un effort variable fonction de la croissance économique, plus important lorsque cette dernière est bonne. 

Or, a précisé Alexander De Croo, "nous retrouverons l’année prochaine le niveau de prospérité que nous avions avant la crise". Et cette année sera celle d’un rattrapage (+ 5,5 %). Cela étant, pour le Premier ministre, "avec la suppression graduelle des mesures de soutien et le retour de la croissance économique, le déficit de l’année prochaine au niveau fédéral devrait passer de 28 à 18 milliards d’euros et les recettes fiscales repartiront à la hausse".

Les Régions responsabilisées

Tout en précisant qu’à l’automne, des efforts supplémentaires seront faits pour améliorer la situation. À l’automne en effet, les discussions battront leur plein autour de la conception du budget de l’année prochaine. Une épure de celui-ci devra être envoyée aux autorités européennes à l'automne mais le budget sera prêt pour la mi-octobre. "Il n'y a pas de raison de fonctionner différemment des gouvernements précédents", selon le Premier. Pour Alexander De Croo, il faudra se serrer les coudes "aux niveaux fédéral et régional pour que les dettes et déficits soient réduits à l’avenir", tout en rappelant au passage que la légère détérioration du déficit cette année incombe aux Régions. 

Et le Premier ministre de conclure sur la nécessité, surtout, d’assurer de la croissance dans les années à venir. "C’est alors plus de personnes au travail, moins de personnes qui ont besoin de la sécurité sociale. Tout comme les gouvernements régionaux, le gouvernement fédéral a des tâches importantes à investir dans les années à venir : la santé publique, les pensions, la police et la justice", a-t-il conclu son intervention.

Une chose est sûre : la relance de l’investissement public concomitamment à l’assainissement des finances publiques, ce sera un vrai travail d’équilibriste…

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