Y aura-t-il une pénurie de pétrole en 2022 ?

L'OPEP prévoit que la demande de pétrole en 2022 dépassera les niveaux d'avant la crise du coronavirus.

placeholder
© Shutterstock
La Libre Eco avec Belga

L'Opep voit la demande mondiale de pétrole continuer à s'accélérer au moins jusqu'en 2022, selon son rapport mensuel publié jeudi, au moment où un accord est espéré entre ses membres et leurs alliés pour qu'ils relèvent leur niveau de production. La demande devrait croître cette année de 6 millions de barils par jour (mb/j), pour atteindre en moyenne 96,6 mb/j, estime l'organisation, confirmant ses précédentes prévisions.

Pour 2022, l'Opep anticipe une hausse supplémentaire de 3,3 mb/j, à quelque 99.86 millions de barils chaque jour, la barre des 100 millions étant même franchie au cours du second semestre. Ce boom devrait être alimenté par les pays non-OCDE, la Chine et l'Inde dépassant leurs niveaux de consommation d'avant-Covid, qu'il s'agisse de carburants pour le transport ou de besoins industriels (pétrochimie).

Desserrer le robinet

Pour ce qui est de l'offre, du côté des pays producteurs non membres de l'Opep, elle devrait croître de 2,1 mb/j en 2022, venue des États-Unis, du Canada, de Norvège ou du Brésil. Mais leur investissement "amont", dans l'extraction et l'exploration, ne devrait pas connaître une croissance marquée, loin en tout cas de l'année 2013, note le rapport.

Quant à la production de brut de l'Opep, elle a crû en juin de 590.000 b/j par rapport à mai, à quelque 26,03 mb/j, selon des sources secondaires (indirectes) citées dans le rapport. Au deuxième trimestre, la production de brut de l'Opep a atteint en moyenne 25,5 mb/j, soit 1,6 million de moins que la demande, toujours selon des sources indirectes.

Pour 2021, les prévisions de demande pour le brut de l'Opep sont à 27,7 mb/j, environ 5 mb/j de plus qu'en 2020. Pour 2022, cette demande serait à 28,7 mb/j.

Après avoir l'an dernier restreint sa production pour soutenir les cours pendant la crise, l'Opep est désormais décidée à desserrer le robinet.

Mais début juillet, les treize membres de l'Organisation et leurs dix alliés (Opep+) se sont séparés sans accord sur leurs niveaux de production à compter du mois d'août. Des négociations se déroulent depuis en coulisses, suivies avec attention par les marchés.

Sur le même sujet