Le coup de pression de Joe Biden sur les Etats américains pour protéger les millions de locataires en difficulté

La Maison Blanche a mis la pression lundi sur les Etats et collectivités locales pour empêcher les expulsions de locataires en difficultés, au lendemain de l'expiration du moratoire qui les protégeait et alors que le variant Delta fait de nouveau grimper les cas de Covid-19.

Le coup de pression de Joe Biden sur les Etats américains pour protéger les millions de locataires en difficulté
©ABACAPRESS
La Libre Eco avec AFP

Certains Etats du pays ont en effet pris des mesures protégeant leurs habitants jusqu'à la fin du mois, ce qui concerne environ un tiers des locataires américains, "mais dans les autres Etats, il faut agir", a déclaré la porte-parole de la Maison Blanche, Jen Psaki, dans un communiqué de presse.

Plusieurs mesures ont ainsi été annoncées.

Les équipes de la Maison Blanche ont notamment été mises à contribution pour étudier la possibilité de suspendre les expulsions via "d'autres autorités" que le Congrès, qui, à la faveur d'une récente décision de justice, est le seul à pouvoir étendre le moratoire.

Le président Joe Biden a appelé dans le même temps l'ensemble des Etats et collectivités à prendre des mesures de protection des locataires "au moins pour les deux prochains mois".

La Maison Blanche veut surtout faire accélérer le versement aux locataires des fonds prévus début février par l'administration Biden pour les aider à payer leurs loyers. Elle prévoit ainsi d'"explorer tous les moyens dont le gouvernement fédéral dispose pour faire pression sur les États et localités pour effectuer ces distributions".

25 milliards de dollars en attente de versement

Des raisons de bureaucratie, notamment, ralentissent considérablement ces versements. Seuls trois milliards de dollars ont ainsi été distribués aux locataires en difficultés, sur une enveloppe totale de 46 milliards de dollars, dont 25 milliards ont déjà été envoyés aux Etats et collectivités locales.

Plus de 10 millions de personnes aux Etats-Unis sont en retard sur le paiement de leur loyer, a calculé le CBPP, un institut de recherche indépendant. Et quelque 3,6 millions de locataires estiment qu'ils risquent de se faire expulser dans les deux mois, selon une étude du bureau des statistiques réalisée début juillet auprès de 51 millions de locataires.

Une trêve des expulsions a expiré samedi à minuit. Elle avait été décidée il y a près d'un an pour des raisons sanitaires liées à la pandémie de Covid-19, et plusieurs fois renouvelée.

La Maison Blanche avait pris les parlementaires de court jeudi, en assurant que les autorités sanitaires ne pouvaient plus, pour des raisons juridiques, prolonger encore ce moratoire, et en leur demandant de légiférer en urgence. Ce que les élus ne sont pas parvenus à faire avant que la Chambre des représentants ne cesse ses travaux pour la pause estivale.