Le bilan touristique de l'été est catastrophique à Bruxelles: "La baisse du chiffre d'affaires cumulée est de 80%"

Le bilan estival pour le tourisme à Bruxelles est très mauvais. En pleine crise sanitaire, les touristes étrangers boudent la capitale et la météo maussade de cet été a porté le coup final au secteur, qui appelle d'urgence le gouvernement fédéral à prolonger les mesures de chômage temporaire.

"L'hypercentre touristique de Bruxelles a perdu plus de 70 % de son chiffre d'affaires par rapport à l'été 2019."
©Shutterstock
La Libre Eco avec Belga

"L'hypercentre touristique de Bruxelles a perdu plus de 70 % de son chiffre d'affaires par rapport à l'été 2019"

, avant la crise sanitaire, indique d'emblée Fabian Hermans, administrateur de la Fédération Horeca Bruxelles.

"Bruxelles est vide de touristes, moribonde, comme dans un coma artificiel. Il y a des chaises à perte de vue mais pas de clients assis dessus"

, illustre-t-il.

"C'est une catastrophe!"


Du côté de l'association des hôteliers de la capitale, le constat est tout aussi amer. "Le taux d'occupation pour les mois de juillet et août est de respectivement 25 % et 28 % contre 79 % et 68 % en 2019", observe Rodolphe Van Weyenbergh, le secrétaire général de la Brussels Hotels Association (BHA). "La situation est intenable. Depuis le début de l'année 2021 jusqu'à fin août, la baisse du chiffre d'affaires cumulée par rapport à la même période en 2019 est de 80 %", renchérit-il.

Un chiffre d'affaires aussi maussade que la météo

Le secteur épingle notamment le manque de touristes étrangers dans la capitale ainsi que la généralisation du télétravail. "Les hôtels urbains dépendent à 80 % de la clientèle internationale et du tourisme d'affaires", souligne M. Van Weyenbergh. "Avant que le télétravail et les réunions à distance ne soient la norme, les voyageurs d'affaire remplissaient les hôtels et se délectaient dans les restaurants et les bars bruxellois. Mais, aujourd'hui, les sociétés limitent au minimum leurs congrès et séminaires", abonde M. Hermans. Les touristes belges quant à eux privilégient un séjour à la Côte ou en Ardenne plutôt que dans la capitale.


Outre la crise sanitaire et ses aléas, la météo a terni un peu plus le tableau. "Entre la réouverture des restaurants, le 8 mai, et le 5 août, il y a eu 78 jours de pluie consécutifs, dont 26 jours de tempête", soupire M. Hermans citant un décompte de l'Institut royal météorologique (IRM).


Les perspectives pour le mois de septembre ne sont pas plus réjouissantes. "Le taux d'occupation pour la rentrée oscille entre 8 % et 10 % contre 20 % en temps normal", indique la BHA. "Tant que l'horeca ne fonctionnera pas, la Région sera grippée", affirme la Fédération Horeca.

Appels du pied vers les politiques

Désabusé, le secteur multiplie les contacts avec le ministre fédéral en charge de l'Économie et du Travail, Pierre-Yves Dermagne (PS), afin qu'il prolonge la procédure de chômage temporaire, qui se termine à la fin du mois de septembre. "Nous demandons également la prise en charge des coûts cachés liés au chômage temporaire, telle que la prime de fin d'année assimilée."


Le secteur se tourne également vers la Région bruxelloise afin qu'elle mette en oeuvre rapidement "la nouvelle prime régionale destinée aux hôtels".


Consciente des difficultés du secteur, la Région se rendra à Paris du 23 au 25 septembre prochains afin de relancer le tourisme et promouvoir la capitale de l'Europe dans le cadre des "Brussels Days". Organisée chaque année depuis 2006, l'opération avait été interrompue en raison de la crise sanitaire. "C'est très symbolique de recommencer les missions à l'étranger avec Paris, alors que les Français sont le premier public cible de la capitale", a commenté le cabinet du ministre-président, Rudi Vervoort