Réforme des pensions: "La ministre Lalieux n'a pas respecté les engagements de la Vivaldi"

Pierre-Frédéric Nyst, président de l'Union des classes moyennes (UCM) était notre invité sur DH Radio ce lundi 6 septembre.

Maxime Binet recevait ce lundi dans son émission "Il faut qu'on parle" le président de l'UCM Pierre-Frédéric Nyst. Il a évidemment été question du sujet sensible du moment au niveau politique: la réforme des pensions. Celle-ci est sur la table du gouvernement mais les partenaires de la Vivaldi ne partagent pas le même avis sur la question.

Pour Pierre-Frédéric Nyst, "il y a de bons éléments dans cette réforme. Par contre sur la forme, il y a aussi des éléments manquants et c'est très délicat". "C'est une simple note en fait, c'est le début des pourparlers, des discussions. Mais en même temps, on apprend que les textes légaux sont quasiment prêts", indique notre invité, qui s'inquiète du fait que les partenaires sociaux n'ont pas été consultés. "Dans l'accord Vivaldi, il était clairement précisé que les partenaires sociaux seraient appelés à la table. On est d'ailleurs cité 40 fois. Donc nous attendions de pouvoir participer mais nous n'avons pas été consultés. Va-t-on encore pouvoir influencer sur le fond de cette réforme? Ce n'est pas sûr et c'est bien dommage. Car les textes légaux sont, selon la ministre, déjà rédigés. Elle n'a donc pas respecté les engagements de la Vivaldi."

La réforme de la ministre Karine Lalieux (PS) prévoit notamment une pension minimum à 1500 euros net dès 2024 et un bonus pension après 42 ans de carrière. Une bonne réforme? "Je crois à la nécessité d'une réforme, qui doit intégrer notamment certains de ces éléments cités", explique le président de l'UCM. "Ce qui nous plaît quand même dans cette réforme, c'est la possibilité d'avoir la maîtrise sur la date à laquelle vous prenez votre pension. Ca c'est un point positif. Le bonus pension après 42 ans, c'est bien aussi car cela encourage certains. Après je pense qu'il faut aussi un malus, c'est-à-dire diminuer la pension de celui qui, pour X ou Y raisons, anticipe de partir."


La ministre des Pensions dit que cette réforme est neutre budgétairement. Est-ce vraiment le cas? "La ministre a en tout cas dit qu'elle ne ferait pas d'économie sur cette réforme: elle dit que la réforme est budgétairement neutre", commente Pierre-Frédéric Nyst. "Mais on a des doutes: car on n'a aucune explication ni aucun chiffre par rapport à ça. Ensuite, si vous prenez ne fut-ce que le bonus pension, ce que l'on va gagner en bonus pension, c'est déjà plus qu'en temps normal si vous ajoutez une année de carrière. Donc ca va être compliqué. On a donc des doutes là-dessus et on aurait préféré être véritablement rassuré. Ce n'est pas le cas."

A noter que la Vivaldi ambitionne un taux d'emploi de 80% d'ici 2030, ce qui aiderait notamment à payer nos retraites. "C'est un objectif, c'est un slogan. C'est sans doute un but à atteindre mais va-t-on y arriver? On n'en sait rien", indique notre invité. "Ce sont les idées de la ministre en tout cas, mais moi je ne suis pas du tout convaincu. On a un réel problème en Belgique par rapport à l'emploi, au taux d'emploi."

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