Pieter Timmermans (FEB), nuancé, sur le budget: "Il faut arrêter de perdre du temps si on veut développer l'e-commerce en Belgique"

Pieter Timmermans, administrateur délégué de la FEB, salue les avancées mise sur la table lors de la conférence de presse sur le budget. Cependant, elle en souligne quelques lacunes.

Pieter Timmermans, administrateur délégué de la FEB, a plus de doutes que la BCE sur l'inflation.
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Un accouchement au forceps avec quelques rebondissements mardi matin, mais l’accord sur le budget a fini par voir le jour. Après d’âpres négociations, visiblement.

“Ce sont quelques notes musicales positives dans une symphonie inachevée”, commente pour sa part Pieter Timmermans, administrateur délégué de la Fédération des entreprises de Belgique (FEB), à la fin de la conférence.

  • Manque de pragmatisme ?

“Les mesures sur le dossier de l’énergie vont dans le bon sens… Mais s’il y a de bonnes intentions sur le marché du travail, comme sur l’e-commerce, sur l’activation du droit de licenciement, sur la mobilité des demandeurs d’emploi entre Régions… Je me pose la question de la réalisation de celles-ci. Est-ce que ce sera à court ou moyen terme ?”, questionne-t-il, dubitatif. “On va analyser pour la énième fois l’effet de l’e-commerce sur l’économie et les entreprises. On connaît déjà les conséquences. Et on connaît aussi les solutions. Il faut prendre des mesures concrètes maintenant, sans attendre. Il faut arrêter de perdre du temps si on veut développer le secteur dans notre pays. C’est pour cela qu’on a sentiment mitigé, une sensation d’inachevé”, regrette Pieter Timmermans, pointant certains éléments, comme la flexibilité du travail ou la régulation sur le travail de nuit, qui devraient être, selon lui, approfondis.

“Le règlement unique sur le télétravail et la suppression du caractère volontaire, au détriment de l’employeur, ne tiennent pas compte de la réalité du terrain. Le gouvernement s’ingère de manière centraliste et dirigiste dans l’organisation du travail”, déplore également la FEB.

“Et pour couronner le tout, la suppression du certificat médical, ce qui permettra trois jours d’absence par an sans justification. On ne sait pas encore si cette mesure s’inscrit dans le cadre d’une réforme plus vaste visant à réduire le petit chômage, or c’est la condition sine qua non pour la suppression du certificat médical”, tacle-t-elle.

  • Cumuler chômage et salaire ?

En ce qui concerne la proposition de conserver des allocations de chômages pendant trois mois avec les premiers salaires pour le travailleur qui opte pour un métier en pénurie, l’administrateur délégué tempère.

“C’est une approche que nous pouvons suivre, car c’est une approche limitée dans le temps. Mais, naturellement, l’autre question est : si un demandeur d’emploi refuse, qu’est-ce qu’on fait ? Quelles sont les conséquences ? Prévoit-on des sanctions ?”, questionne-t-il. Un point qui aurait visiblement suscité quelques tensions dans les négociations, d’ailleurs.

Enfin, Pieter Timmermans avance qu’il doit encore se pencher sur la question de la fiscalité, mais la FEB “se réjouit que l’orthodoxie budgétaire garde toute l’attention” de l’exécutif. Il déplore néanmoins le fait que les entreprises étrangères installées en Belgique seraient considérées comme des “vaches à lait budgétaires”, ce qui nuirait, selon lui, à l’attractivité de la Belgique ainsi qu’à son activité économique et donc aux rentrées fiscales.