PIB, déficit, emploi... L'Institut des comptes nationaux dévoile les chiffres de l'année 2020

Le produit intérieur brut de la Belgique s'est contracté de 5,7 % en 2020, la pire performance depuis la Seconde Guerre mondiale.

PIB, déficit, emploi... L'Institut des comptes nationaux dévoile les chiffres de l'année 2020
©Shutterstock
La Libre Eco avec Belga

Le produit intérieur brut (PIB) de la Belgique s'est contracté de 5,7 % en 2020. Si c'est un peu moins qu'escompté il y a quelques mois, il s'agit tout de même de la pire performance depuis la Seconde Guerre mondiale, alors que le déficit public, lui, a atteint l'an dernier 9,1 %, du jamais-vu depuis le milieu des années '80, selon les comptes détaillés de 2020, année marquée de la crise du coronavirus, publiés lundi par l'Institut des comptes nationaux (ICN).

Le déficit public s'est creusé avec la contraction économique due aux confinements, conjuguée aux mesures de soutien public massives pour faire face à la crise sanitaire. "Les recettes refluent de près de 10 milliards d'euros, tandis que les dépenses progressent considérablement, de plus de 22 milliards. Les dépenses publiques directement imputables aux mesures discrétionnaires prises pour lutter contre la pandémie sont estimées à au moins 16 milliards d'euros en 2020, soit 3,5 % du PIB", souligne l'ICN.

Résultat des courses: le taux d'endettement a explosé l'an dernier, à 112,8 % du PIB, en hausse de 15 points de pourcentage par rapport à 2019 (97,7 % du PIB). La dette publique dépasse désormais 515 milliards d'euros pour un PIB, en 2020, de près de 457 milliards d'euros.

L'emploi est resté stable

Malgré l'effondrement d'une partie de l'économie, l'emploi mesuré en nombre de personnes occupées est resté stable en 2020: le nombre de salariés a certes diminué de 0,4 % (ou -15.200 personnes), mais ces pertes sont compensées par des créations nettes d'emplois indépendants similaires à celles des années précédentes (+1,7 % ou +14.300 personnes). Le volume de travail a reculé en revanche fortement (-8,5 %) en 2020, absorbant intégralement la baisse de l'activité.

Sans surprise, ce sont les activités de services, et en particulier l'horeca, les services culturels et les autres services aux personnes qui ont le plus souffert de la crise sanitaire, avec des baisses de valeur ajoutée comprises entre 20 et 47 %. L'industrie n'est pas épargnée alors que les activités de transport et le commerce ont essuyé des reculs compris entre 6 et 8%, directement impactés par la fermeture des commerces non essentiels, les restrictions aux voyages et la généralisation du télétravail. La construction et les activités financières et d'assurances ont vu leur activité baisser, mais de manière plus limitée, respectivement de 5 et 4 %. Quant à la distribution, aux industries pharmaceutiques et au secteur énergétique, elles ont tiré leur épingle du jeu et progressé de 3 à 5 %.

Enfin, l'ICN souligne que la pandémie a aussi modifié sensiblement le comportement d'épargne des acteurs économiques. Ainsi, la capacité de financement des ménages a plus que quintuplé en 2020, pour atteindre 28,7 milliards d'euros ou 6,3 % du PIB. "Ils ont en effet réduit drastiquement leurs dépenses de consommation et d'investissement, alors même que leur revenu disponible, soutenu par les transferts en provenance des pouvoirs publics, a finalement légèrement progressé".

Un mouvement similaire, quoique de moindre ampleur, a été observé au niveau des sociétés, dont le solde de financement a plus que triplé en 2020, atteignant 15,9 milliards d'euros, soit 3,5 % du PIB.

"Globalement, l'amélioration du solde de financement des ménages et des entreprises fait plus que compenser la détérioration de celui des administrations publiques, si bien que, tous secteurs confondus, la Belgique dégage une capacité de financement de 0,8 % du PIB vis-à-vis du reste du monde", conclut l'ICN.

Sur le même sujet