"Certaines banques belges contribuent à une mainmise financière des États-Unis contre Cuba"

La Coordination pour la levée du blocus contre Cuba déplore le refus de certaines banques belges à transférer de l'argent vers Cuba, qui traverse une crise économique majeure.

Des manifestants montrent leur solidarité envers Cuba le 25 juillet 2021, devant la Maison-Blanche à Washington DC.
Des manifestants montrent leur solidarité envers Cuba le 25 juillet 2021, devant la Maison-Blanche à Washington DC. ©BELGA
La Libre Eco avec Belga

Alors que Cuba, encore sous embargo américain, traverse une crise économique majeure, des banques belges, comme ING et BNP Paribas Fortis, refusent toujours de transférer de l'argent vers l'île communiste, faisant fi des législations européenne et belge.

Ces dernières interdisent pourtant de donner suite aux sanctions américaines. L'Union européenne condamne en effet le blocus contre Cuba, car il entrave le libre-échange international et nuit aux intérêts des entreprises européennes. "Mais ces banques s'en moquent. (...) Cette situation est inadmissible", déplore la Coordination pour la levée du blocus contre Cuba.

En Belgique, ING et BNP Paribas Fortis sont les deux principales banques qui appliquent cette politique très stricte à l'égard de Cuba. "Elles contribuent de la sorte à une mainmise financière des États-Unis contre Cuba", observe la plateforme regroupant une quarantaine d'organisations.

D'autres banques, plus petites, utilisent le réseau de ces deux banques pour leur trafic financier international. Elles ne peuvent donc pas non plus effectuer de transactions vers Cuba, ajoute le collectif.

D'après la Coordination, le blocus américain coûte près de 7,7 milliards de dollars par an au pays.

Plusieurs actions prévues

Une quinzaine d'actions sont prévues du 15 au 30 novembre afin de protester contre ce que le collectif considère comme "une atteinte à la liberté de circulation (financière) dans le commerce international".

La Coordination pour la levée du blocus contre Cuba demande notamment aux ministres compétents de l'Économie et des Finances de rédiger une circulaire à l'intention des banques, stipulant des directives spécifiques qui garantissent la libre circulation des paiements vers Cuba. Elle appelle également la Commission européenne à "offrir une protection complète aux citoyens, aux entreprises et aux banques contre d'éventuelles amendes imposées par les États-Unis en raison de leurs relations avec Cuba". Enfin, la Coordination exhorte les banques à effectuer correctement les versements vers Cuba.

Par ailleurs, un mur symbolique sera construit devant les bureaux d'ING et de BNP Paribas Fortis, le 17 novembre à Liège et le 24 novembre à Gand.

Après un rapprochement historique mais éphémère (2014-2016) sous le mandat de Barack Obama, les relations entre La Havane et Washington se sont particulièrement tendues avec Donald Trump, qui a renforcé l'embargo en vigueur depuis 1962.

Le gouvernement américain reproche aux autorités cubaines des violations des droits de l'homme et leur soutien au gouvernement chaviste du Venezuela.

Et l'espoir que les tensions s'apaisent avec l'élection de Joe Biden s'est peu à peu évanoui, tant il semble que Cuba ne soit en rien une des priorités de la nouvelle administration américaine.