"L'obligation de se faire vacciner doit être instaurée là où elle est indispensable"

L'UCM et l'Union wallonne des entreprises désapprouvent d'ores et déjà le possible retour en force du télétravail. Les organisations appellent le Codeco à ne pas céder à la panique. L'UCM met par ailleurs la pression pour accentuer la campagne de vaccination.

"L'obligation de se faire vacciner doit être instaurée là où elle est indispensable"
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La Libre Eco avec Belga

"Rendre le télétravail obligatoire est une mesure inutile et aux effets indirects contre-productifs", assène mardi l'Union wallonne des entreprises (UWE), craignant que le Codeco ne décide mercredi de réimposer le travail à domicile pour endiguer la propagation du coronavirus. Si l'UWE admet "la nécessité de mettre en place, de manière urgente, de nouvelles mesures afin de faire barrage à la nouvelle progression inquiétante des contaminations" et de protéger les hôpitaux, l'organisation wallonne réfute que le télétravail obligatoire résoudrait la situation. "À aucun moment depuis mars 2020, les analyses scientifiques n'ont révélé une hausse des contaminations sur les lieux de travail", pointe-t-elle.

Pour l'union wallonne, s'en tenir à recommander le télétravail participerait à un devoir de cohérence des mesures, essentiel pour assurer l'adhésion de la population aux règles. "A force de multiplier des mesures spécifiques pour des situations particulières de la vie professionnelle, familiale et sociale, la population risque de ne plus comprendre la logique de ces décisions asymétriques et de ne plus adhérer à leurs objectifs", prévient Olivier de Wasseige, administrateur délégué de l'UWE.

Recourir au télétravail ne fera que pénaliser directement et indirectement l'activité économique, regrette l'Union wallonne des entreprises. Cela mettra en péril l'activité et la pérennité de nombre d'entreprises, ainsi que de leur personnel. "Une situation qui nécessiterait la mise en place de mesures de soutien longues et coûteuses... parfaitement évitables !" Le télétravail met aussi à mal la santé mentale des travailleurs et travailleuses, "il s'agit là d'un enjeu de première importance pour le bien-être de tous".

Pour l'UWE, la solution réside dans la prévention et la vaccination.

Non au télétravail, mais oui à la vaccination pour l'UCM

L'Union des classes moyennes (UCM) s'inquiète du menu sur la table du Comité de concertation (Codeco), qui examinera mercredi si des mesures plus restrictives doivent être prises pour endiguer la propagation du coronavirus. Le défenseur des indépendants et PME appelle mardi les autorités à ne pas céder à la panique, rejetant surtout une imposition du télétravail. Alors que l'économie se remet à peine du choc provoqué par la pandémie du Covid-19, l'UCM craint que le Codeco ne coupe les ailes de cet élan positif. Si la situation sanitaire est qualifiée d'inquiétante par l'UCM, cette dernière appelle à ne pas céder à la panique, soulignant que la situation est bien différente que celle en vigueur il y a un an, lorsque la Belgique était submergée par la deuxième vague de la pandémie. "Il existe des vaccins efficaces et la population, fatiguée de cette crise, connaît et applique depuis longtemps les précautions sanitaires utiles", pointe l'organisme.

Pour ne pas mettre en péril la reprise économique fragile, indépendants et PME "ont plus que jamais besoin d'un climat de confiance et de règles stables". Hors de question donc, pour l'UCM, de réimposer un télétravail obligatoire. Celui-ci "peut être recommandé, pas imposé. Beaucoup de salariés comme de patrons n'en veulent plus", avertit l'union. À tout le moins, il faudrait épargner les très petites et petites entreprises, pour lesquelles il est plus ardu d'organiser le travail à domicile, plaide l'UCM.

En cas de restrictions ou de fermetures de secteurs, le gouvernement devra réactiver immédiatement, voire prolonger au-delà du 31 décembre, toutes les mesures de soutien aux entrepreneurs et entrepreneuses, exige l'UCM.

Enfin, l'organisme de défense des intérêts des indépendants plaide pour accentuer la campagne de vaccination, en injectant une troisième dose si nécessaire. "L'obligation de se faire vacciner n'est pas un débat tabou. Là où elle est indispensable pour protéger les personnes vulnérables (hôpitaux, maisons de repos?), elle doit être instaurée au plus vite. Assez traîné !", conclut l'UCM.