Télétravail obligatoire : "Il est incohérent de limiter les contacts en entreprise, alors que ce n'est pas le cas dans la sphère privée"

Le Conseil des ministres semble avoir tranché en faveur d'un retour du télétravail obligatoire quatre jours par semaine. Si la mesure était définitivement adoptée ce mercredi en Comité de concertation, cela serait une "erreur" ainsi qu'une "grande déception" pour la Fédération des entreprises de Belgique (FEB).

Pieter Timmermans, CEO de la Fédération des entreprises de Belgique (FEB).
Pieter Timmermans, CEO de la Fédération des entreprises de Belgique (FEB). ©Belga Image
Fleur Olagnier

Ces dernières semaines malheureusement, le nombre de contaminations liées au Covid-19 dans notre pays a augmenté dans une telle mesure que l’on peut parler d’une quatrième vague. La vaccination commence à porter ses fruits, mais cela n'empêche pas le virus de circuler fortement. La barre symbolique des 500 patients en soins intensifs vient d'ailleurs d'être à nouveau dépassée.

Ce dimanche, le GEMS - groupe d’experts chargés de conseiller les autorités dans la crise Covid - a transmis aux membres du Comité de concertation (Codeco) son rapport, dans lequel il est indiqué que le télétravail devrait redevenir obligatoire jusqu’aux vacances de Noël. Et il semble que le Conseil des ministres ait bel et bien tranché en faveur du télétravail obligatoire quatre jours par semaine en entreprise, le cinquième jour pouvant être effectué au bureau si le travailleur le souhaite.

Pour Pieter Timmermans, CEO de la Fédération des entreprises de Belgique (FEB), si cette décision venait à être confirmée au Codeco ce mercredi, il s'agirait d'une "grande déception", sur la forme et sur le fond : "La semaine dernière, plusieurs heures de discussions ont eu lieu entre syndicats, patrons et le gouvernement sur le télétravail. Nous avons avancé que ce serait une mauvaise chose. Donc on nous demande notre avis, et le gouvernement décide finalement le contraire ! C'est se moquer de la concertation sociale."

Incohérence

D'autre part, pour la FEB, il semble aberrant d'appliquer une décision inspirée par les 65 000 fonctionnnaires de l'administration fédérale - qui travaillent tous dans des bureaux et pour lesquels le télétravail est aisé à mettre en œuvre -, aux trois millions d'employés du secteur privé pour lequels la mesure peut être plus contraignante. "J'ajoute que le GEMS a détecté plus de contaminations dans le secteur public, alors pourquoi en appliquer les conséquences au secteur privé ?", appuie Pieter Timmermans. "De plus, il semble incohérent d'imposer le télétravail pour réduire les contacts dans la sphère professionnelle alors que par ailleurs, dans la sphère privée, les employés peuvent toujours sortir, aller au restaurant ou encore voyager et donc être encore davantage exposés au virus."

Finalement pour la FEB, la priorité absolue est de s'attaquer à l'accélération du processus de vaccination. "Nous soutenons les campagnes de vaccination contre le Covid-19 dans le cadre de l'entreprise, ce qui n'est pas encore mis en place, alors que c'est par exemple le cas pour la grippe", appuie le CEO de l'organisation.

Ces derniers jours, la Fédération des entreprises de Belgique aurait reçu de nombreux retours de travailleurs qui en ont assez de rester chez eux, et déplore le gaspillage des bonnes pratiques et de la flexibilité acquises sur le sujet ces derniers mois.

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