Les États-Unis approchent à nouveau du plafond de leur dette : Janet Yellen favorable à sa suppression pure et simple

Après avoir déjà causé des remous en octobre, le débat sur le plafond de la dette refait (déjà) surface aux Etats-Unis, le tout sur fond de risque de défaut de paiement.

Janet Yellen, secrétaire américaine au Trésor, estime que supprimer le système du plafond de la dette est "une chose souhaitable à faire".
Janet Yellen, secrétaire américaine au Trésor, estime que supprimer le système du plafond de la dette est "une chose souhaitable à faire". ©Shutterstock
La Libre Eco avec AFP

Après avoir été temporairement relevé en octobre afin d'éviter un défaut de paiement, le plafond de la dette des Etats-Unis pourrait être de nouveau atteint mi-décembre, a prévenu mardi la secrétaire américaine au Trésor Janet Yellen.

Dans un courrier adressé aux responsables démocrates et républicains du Congrès, elle précise que "selon certains scénarios, le Trésor se retrouverait avec des ressources restantes insuffisantes pour continuer à financer les opérations du gouvernement américain au-delà" du "15 décembre". Elle assure donc qu'"il est essentiel que le Congrès relève ou suspende le plafond de la dette dès que possible pour garantir la pleine confiance et le crédit des États-Unis".

En octobre, le Congrès avait approuvé un texte permettant de relever temporairement la limite d'endettement du pays de 480 milliards de dollars, et ainsi d'honorer ses paiements jusqu'à début décembre. La mesure avait été adoptée avec le seul soutien des élus démocrates, les républicains s'y étant farouchement opposés.

"Ce serait une décision irresponsable et catastrophique de ne pas relever le plafond de la dette. Je ne peux pas imaginer que notre Congrès fasse ça", a commenté plus tôt mardi la ministre de l'Economie et des Finances de Joe Biden, sur la radio publique NPR.

Elle a également fait état, de nouveau, de son soutien à une éventuelle suppression du système du plafond de la dette, qui n'existe que dans une poignée de pays. "Ce n'est pas une position que le président Biden a formulée, mais je pense personnellement que ce serait une chose souhaitable à faire", a-t-elle ainsi relevé.

Le plafond de la dette "(impose) un moment arbitraire où il devient impossible de financer les plans et les déficits qui ont été décidés par les Congrès précédents", a-t-elle déploré, évoquant une mesure désormais "hautement politique".

Lorsque ce plafond est atteint, impossible d'emprunter, et, dès que les liquidités se tarissent, c'est le défaut de paiement. Un scénario inédit jusqu'à présent.

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