"Les travailleurs, c'est 60 % voire 80 % de la clientèle" : le retour du télétravail généralisé, une très mauvaise nouvelle pour le secteur Horeca

L'obligation du télétravail est une nouvelle épine dans le pied pour l'Horeca. Entre le renforcement des contrôles et la perte d'une grande partie de sa clientèle, le secteur s'attend à traverser une nouvelle période délicate.

"Dans l'immédiat, le Premier ministre n'a pas annoncé de nouvelle fermeture pour le secteur. Mais il ne faudrait pas que les chiffres continuent de grimper, au risque de voir le secteur être sanctionné", confesse Matthieu Léonard, administrateur de la Fédération Horeca Bruxelles.
"Dans l'immédiat, le Premier ministre n'a pas annoncé de nouvelle fermeture pour le secteur. Mais il ne faudrait pas que les chiffres continuent de grimper, au risque de voir le secteur être sanctionné", confesse Matthieu Léonard, administrateur de la Fédération Horeca Bruxelles. ©BELGA
François Thys

Les mesures prises lors du Comité de concertation de ce mercredi 17 novembre risquent de faire des vagues, parfois au-delà des secteurs concernés. C'est notamment le cas pour l'imposition annoncée du télétravail quatre jours par semaine. Si cette mesure ne s'applique pas à l'Horeca, elle va pourtant à nouveau porter un coup, indirect mais solide, aux restaurants et cafés des grandes villes.

"Les travailleurs, c'est 60 % de la clientèle des restaurants pour la Région bruxelloise. Dans des quartiers comme Schuman ou le centre-ville, on monte même à 80 % voire 90 %", reconnait Matthieu Léonard, administrateur de la Fédération Horeca Bruxelles. Lui-même restaurateur sur Woluwe-Saint-Pierre, il sait que leur départ va laisser des traces. "Mais c'est comme cela, nous n'y couperons pas."

"Une épée de Damoclès au-dessus de la tête"

Durant les jours et semaines à venir, les contrôles risquent également de se faire plus nombreux et... plus sévères. "Non seulement pour les CST, mais aussi pour tout ce qui est ventilation des salles." A ce sujet, il mentionne la décision de la secrétaire d'Etat bruxelloise Barbara Trachte d'accorder des subsides pour l'achat de systèmes de ventilation et de purificateurs d'air.

"Des tests ont été menés. C'est l'une des seules mesures efficaces qui permet en même temps de ne pas réduire la superficie utilisée dans les restaurants, et donc de ne pas diminuer le chiffre d'affaires", détaille Matthieu Léonard. "Mais en attendant, il faut avancer l'argent, et c'est encore une fois un sacré budget pour les établissements..." Un nouveau coup dur pour des professionnels parfois déjà en grande difficulté. "Nous restons confiants car passionnés par notre métier, mais nous perdons énormément d'argent. Les acteurs de l'Horeca fournissent beaucoup d'efforts et font preuve de patience, c'est moins le cas pour les autorités. Par rapport à la Flandre et la Wallonie, Bruxelles reste le parent pauvre au niveau des aides financières. Et maintenant que l'ONSS a décidé de reprendre les citations en faillite, elles vont commencer à tomber", regrette-t-il.

A l'approche des capitales fêtes de fin d'année, la prudence reste donc de mise. "Dans l'immédiat, le Premier ministre n'a pas annoncé de nouvelle fermeture pour le secteur. Mais il ne faudrait pas que les chiffres continuent de grimper, au risque de voir le secteur être sanctionné. Nous savons que nous avons une épée de Damoclès au-dessus de la tête", conclut-il.

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