Les petits États insulaires seront plus durement touchés par les conséquences de la crise sanitaire, prévient l'ONU

Les perturbations du transport maritime liées à la crise sanitaire risquent de provoquer une flambée des prix à l'importation et à la consommation.

Dans son rapport, l'ONU alerte également sur la relève des équipages. Des centaines de milliers de marins se sont bloqués en mer depuis le début de la pandémie, notamment en raison des fermetures de frontières.
Dans son rapport, l'ONU alerte également sur la relève des équipages. Des centaines de milliers de marins se sont bloqués en mer depuis le début de la pandémie, notamment en raison des fermetures de frontières. ©Shutterstock
La Libre Eco avec AFP

Les tensions sur les chaines d'approvisionnement et pressions inflationnistes dans le transport maritime se sont amplifiées depuis le début de la pandémie. Des défis qui risquent d'affecter en particulier les Etats insulaires et économies les moins avancées, avertit jeudi un groupe de réflexion économique des Nations unies sur le secteur, la Conférence des Nations unies pour le développement (Cnuced).

Dans son rapport annuel, elle explique que le choc de la pandémie sur le commerce maritime s'est avéré moins grave en 2020 qu'initialement redouté.

Reflétant le choc initial sur l'économie, la contraction des cargaisons maritimes s'est d'abord limitée à 3,8 %, à 10,65 milliards de tonnes, pour ensuite amorcer une reprise "asymétrique" durant la seconde moitié de l'année. Une recrudescence qui a exposé les fragilités du transport maritime, dont les pénuries de main-d'oeuvre et besoins en infrastructures dans le secteur.

Depuis, les taux de fret connaissent des pics spectaculaires, avec à l'horizon des hausses de prix significatives pour les consommateurs, en raison des goulets d'étrangement dans les chaînes d'approvisionnement. Or, si la flambée actuelle des prix du fret se poursuit, elle entraînera une augmentation significative des prix à l'importation et à la consommation.

La Cnuced table sur un rebond de 4,3 % des cargaisons maritimes en 2021. Selon ses projections, les prix à la consommation risquent d'augmenter de 1,5 % au niveau mondial à l'horizon 2023. La hausse des prix pourrait grimper jusqu'à 2,2 % dans les économies les moins avancées et de 7,5 % dans les petits Etats insulaires, qui dépendent étroitement de la mer pour leurs approvisionnements.

Les petites économies en difficulté

Les conséquences de la crise sanitaire "toucheront plus durement les petits États insulaires en développement et les pays les moins avancés", a prévenu Rebeca Grynspan, la Secrétaire générale de la Cnuced, dans le communiqué accompagnant le rapport.

La pandémie a exposé les vulnérabilités du transport maritime, notamment lorsque le port de Yantian en Chine avait dû fermer en mai pour lutter contre un foyer de coronavirus, entraînant d'importants retards dans le déchargement des bateaux.

Un autre exemple est le navire Ever Given qui s'est retrouvé bloqué dans le canal de Suez en mars. Une partie des navires avaient alors dû revoir leur route et passer par le cap de Bonne Espérance, faisant bondir le coût de leur trajet.

Au même titre que les marins

Dans son rapport, la Cnuced a également alerté sur la relève des équipages. Dans ce secteur qui emploie plus de 1,9 million de personnes au niveau mondial, des centaines de milliers de marins se sont retrouvés bloqués en mer depuis le début de la pandémie, en raison des fermetures de frontières ou manque d'avions pour retourner chez eux au moment des changements d'équipages.

La Cnuced a appelé les gouvernements et employeurs à travailler ensemble, notamment en leur donnant la priorité pour la vaccination, afin de faciliter leur retour.

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