La croissance des salaires "devrait commencer à se renforcer progressivement" en 2022

La présidente de la BCE, Christine Lagarde, s'est exprimée lors d'un congrès sur la finance à Francfort. Elle a assuré que l'inflation du moment en zone euro est temporaire car liée à la pandémie.

La présidence de la BCE, Christine Lagarde, a affirmé que "les mesures de l'inflation" hors des prix volatils de l'énergie et de matières premières, "évoluent dans la bonne direction".
La présidence de la BCE, Christine Lagarde, a affirmé que "les mesures de l'inflation" hors des prix volatils de l'énergie et de matières premières, "évoluent dans la bonne direction". ©Belga
La Libre Eco avec AFP

"Les mesures de l'inflation sous-jacente", c'est à dire hors des prix volatils de l'énergie et de matières premières, "évoluent dans la bonne direction", a affirmé Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne (BCE), lors d'un congrès sur la finance à Francfort.

Elle voit les attentes d'inflation sur le moyen terme se rapprocher de l'objectif visé de 2 %, mettant entre parenthèse la poussée des prix dans le contexte pandémique, qu'elle qualifie toujours de temporaire. La croissance des salaires, un élément clé de cette inflation sous-jacente, "devrait commencer à se renforcer progressivement" l'an prochain, a-t-elle ajouté, se basant sur les contacts pris par l'institut "avec de grandes entreprises européennes".

La Banque centrale européenne définit sa politique monétaire en fonction d'une inflation qui doit se stabiliser à 2 % à moyen terme. Or, l'inflation du moment en zone euro, supérieure à 4 %, au plus haut depuis l'introduction de la monnaie unique en 1999, est "largement poussée à la hausse par les circonstances exceptionnelles créées par la pandémie", a martelé la Française.

Sa nature, entre flambée des prix de l'énergie et tensions liées aux pénuries de nombreuses marchandises, devrait même ralentir le rythme de la reprise à court terme.

Rester "patient et persistant"

"Nous ne prenons pas cette phase de hausse de l'inflation à la légère", a insisté Mme Lagarde, car elle "comprime les revenus réels des gens, en particulier ceux qui se trouvent au bas de l'échelle des revenus". Mais l'institution doit rester "patiente et persistante". En clair : ne pas durcir trop vite la vis monétaire en espérant que cela atténuera la hausse des prix.

"À l'heure où le pouvoir d'achat est déjà comprimé par la hausse des factures d'énergie et de carburant, un resserrement injustifié représenterait un vent contraire injustifié pour la reprise", a-t-elle affirmé. Aussi, il est "très peu probable" que les taux directeurs de l'institut, à leur plus bas historique, remontent "l'année prochaine".

Même après la fin attendue de l'urgence pandémique, l'arsenal monétaire comprenant des achats d'actifs devra encore "soutenir la reprise et le retour durable de l'inflation à notre objectif de 2 %".

Dans quelle mesure? Cela sera annoncé au terme de la dernière réunion du conseil des gouverneurs de la BCE en décembre.