Les "emplois verts" ont moins la cote chez les demandeurs d'emploi

Si les offres d'emplois qui favorisent la durabilité ne cessent d'augmenter, les demandeurs d'emploi semblent de moins en moins attirés par ce type de postes.

Pourtant, les places proposées dans ce type d'emploi ont triplé de volume depuis septembre 2017.
Pourtant, les places proposées dans ce type d'emploi ont triplé de volume depuis septembre 2017. ©Shutterstock
Charlotte de Condé

Durabilité, changement climatique, biodiversité... Tant de termes qui correspondent aux offre d'emplois dits "verts". Ce type de postes n'est pas uniquement réservé aux organisations environnementales. Toutes les fonctions confondues au sein d'une entreprise durable sont considérées comme telles.

Les places proposées dans ce type d'emploi ont triplé de volume depuis septembre 2017, révèle une analyse publiée ce vendredi par Indeed, le plus grand site d'offres d'emploi au monde et en Belgique.

"Le nombre d'emplois verts continuera de grimper dans un avenir proche, selon Arjan Vissers, responsable de la stratégie chez Indeed. Les objectifs de réduction des émissions de CO₂ et la réalisation énergétique n'y seront pas étrangers. En outre, les entreprises ressentent de plus en plus le besoin de mettre en place une politique de responsabilité sociétale, et leur politique du personnel en est un élément".

En outre, les entreprises ont conscience de devoir aller dans ce sens-là, les actionnaires étant également de plus en plus préoccupés par la Responsabilité Sociale des Entreprises (RSE), l'écologie et la durabilité.

La sécurité d'abord, l'éthique après

Même s'il demeure important, on le voit avec les marches pour le climat, cet enthousiasme trouve pourtant de moins en moins d'écho chez les demandeurs d'emplois.

Si le nombre de recherches effectuées en lien avec des emplois verts a augmenté de 50 %, comme le révèle l'étude d'Indeed, cet intérêt baisse d'année en année (à peine 8 % de recherches en plus).

"En période de crise, d'autres facteurs sont probablement plus importants que la durabilité lors de la recherche d'un travail, comme la sécurité de l'emploi", suppose Arjan Vissers.

Le risque du greenwashing

Néanmoins, dans un contexte de demande croissante pour des produits plus respectueux de l'environnement et de compétition intense des entreprises, certaines firmes n'hésitent pas à afficher une image plus verte qu'en réalité. Il s'agit du greenwashing, ou éco-blanchiment, un phénomène qui désigne une entreprise qui "exagère, voire invente les qualités environnementales de ses produits ou services, avec pour conséquence d'induire le consommateur en erreur sur la réelle performance environnementale de la firme", comme l'explique une recherche publiée en 2015 par la Louvain School Management (UCLouvain).

Le demandeur d'emploi n'est pas exempté de croire à cette imposture écologique. Arjan Vissers les met en garde : "Il se peut qu'en raison de la pénurie actuelle sur le marché du travail, des employeurs utilisent toutes sortes de termes et d'objectifs durables dans leurs offres afin d'attirer l'attention des candidats".

Comment les reconnaitre ? Gare à l'usage excessif du mort "vert". Arjan Vissers estime que "plus le texte de l'offre correspondra au contenu et aux objectifs réels d'une fonction, plus l'adéquation avec un candidat et ses attentes sera bonne".

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