Le Danemark et la Belgique reliée par une connexion sous-marine : "Nous transformons la mer du Nord en une grande centrale électrique"

La ministre de l'Energie Tinne van der Straeten (Groen) a annoncé la signature d'un protocole d'accord avec son homologue danois Dan Jørgensen. Les deux pays seront donc à l'avenir reliés sur le plan énergétique grâce à une connexion sous-marine baptisée Triton Link.

La ministre belge de l'Energie Tinne van der Straeten (Groen) et le ministre danois Dan Jørgensen se sont entendus sur un protocole d'accord.
La ministre belge de l'Energie Tinne van der Straeten (Groen) et le ministre danois Dan Jørgensen se sont entendus sur un protocole d'accord. ©BELGA - AFP
François Thys

Pour augmenter sa capacité en énergies vertes, la Belgique va pouvoir compter sur une partie de la production danoise. La ministre fédérale de l'Energie, Tinne van der Straeten (Groen), a annoncé la signature d'un protocole d'accord avec le Danemark et son ministre de l'Energie Dan Jørgensen.

Concrètement, les deux pays seront reliés par un câble électrique sous-marin appelé Triton Link, en référence au roi des mers, précise un communiqué de presse. "Ce projet nous donnera un accès direct à l'énergie bon marché produite par les éoliennes danoises. [...] Il s'agira aussi d'une première mondiale : la connexion sous-marine reliera deux îles énergétiques artificielles de la mer du Nord, et sera capable d'acheminer l'énergie produite par les parcs éoliens jusqu'à la terre ferme", détaille le cabinet de la ministre.

La décision finale concernant l'investissement doit encore être validée. L'opération se monterait à un milliard de dollars. D’après Elia, la construction devrait durer environ quatre ans et être finalisée vers 2030.

Le Green Deal et l'objectif 2050 en ligne de mire

Pour parvenir à la neutralité climatique à l'échelle européenne d'ici 2050, la Belgique va devoir faire sa part. Si notre pays prévoit de tripler l'éolien offshore sur son territoire, il "se heurte à ses propres limites en raison d'un manque d'espace en mer et sur terre". Ces connexions sont donc nécessaires afin de profiter des excédents de production dans des pays comme le Danemark.

"L'étude préliminaire réalisée l'année dernière montre que le projet est à la fois socio-économiquement et techniquement réalisable, et qu'il entraînera d'importantes réductions de CO₂ au niveau européen. Une fois réalisé, le projet entraînera une réduction annuelle de quatre mégatonnes de CO₂, soit les émissions d'environ 1,2 million de voitures", avance encore le cabinet de la ministre de l'Energie.

Via ce protocole d'accord, la Belgique souhaite donner un coup d'accélérateur au projet, notamment au niveau de la planification et du développement du projet Triton Link. "Le projet sera le premier du genre et une pierre angulaire des ambitions climatiques belges et danoises visant à décarboner complètement les systèmes énergétiques."

Une bonne nouvelle après un regain de tensions liées au nucléaire

Une bonne nouvelle qui tombe au bon moment. Le refus de la Flandre d'accorder le permis pour la nouvelle centrale au gaz d'Engie à Vilvorde avait remis de l'huile sur le feu dans le débat sur la sortie du nucléaire.

La ministre Van der Straeten se montrait d'ailleurs optimiste au moment de commenter l'avancée du projet. "Avec les îles énergétiques et l'interconnexion hybride, nous nous positionnons en tant que pionniers et transformons la mer du Nord en une grande centrale électrique renouvelable. Grâce à l'interconnexion, la Belgique et le Danemark auront un accès direct à de grandes quantités d'énergie renouvelable bon marché", se félicitait-elle. "Le vent en mer est le moyen le moins cher de produire de l'énergie, après le vent sur terre. Le câble sous-marin avec le Danemark permet de connecter directement les parcs éoliens offshore. Il renforcera la sécurité d'approvisionnement de la Belgique."

A noter que si la connexion entre deux îles énergétiques est inédite, la connexion sous-marine est elle un outil utilisé par d'autres pays. Le câble NorNed relie ainsi les Pays-Bas et la Norvège depuis 2008, alors que le Celtic Interconnector, qui sera opérationnel en 2025, connectera la France et l'Irlande.