Pour un jeune travailleur sur trois, le titre d’une fonction est plus important que le contenu

C’est le cas pour un jeune travailleur sur trois, qui y voit une forme de reconnaissance.

Quand ils consultent une annonce, les jeunes regardent le salaire proposé mais aussi le titre du poste.
Quand ils consultent une annonce, les jeunes regardent le salaire proposé mais aussi le titre du poste. ©Shutterstock

Un salaire correct et un bon équilibre entre la vie privée et la vie professionnelle figurent toujours en tête des principales attentes des jeunes travailleurs, selon plusieurs études. Mais ils ne sont pas les seuls. Dans une enquête menée auprès de 1 000 employés belges, et dont La Libre a pu prendre connaissance en primeur, le spécialiste du recrutement Robert Half s'est intéressé à la question du titre d'une fonction, qu'il soit repris dans une annonce, sur les réseaux ou une carte de visite. "Étonnamment, 33  % des jeunes de moins de 34 ans estiment que le titre est plus important que le contenu de la fonction", note Joël Poilvache, directeur chez Robert Half. Quelque 57  % considèrent qu'il s'agit d'une forme de reconnaissance importante dans le cadre de leur travail. C'est presque deux fois plus que les autres catégories d'âge (35  % des 35-54 ans et 31  % des plus de 55 ans).

“Un repère pour l’extérieur”

"Ce pourcentage est énorme et peut peut-être s'expliquer par le fait qu'un intitulé de poste est un repère pour le monde extérieur. Il donne une première impression de ce que le salarié fait et de sa position au sein d'une organisation. Cela peut être une référence pour ses pairs et même un futur employeur. Cela explique sans doute pourquoi le titre est moins essentiel que le contenu en fin de carrière, remarque Joël Poilvache. Mais il faut être prudent car un même titre peut renvoyer à des contenus différents suivant les entreprises. Nous conseillons à nos clients de faire très attention à choisir le bon titre qu'ils publient dans leurs annonces et qu'il ne fasse pas référence à un contenu standardisé repris depuis 30 ans. Il est essentiel d'utiliser la terminologie la plus récente. Les employeurs doivent veiller à proposer un intitulé qui se réfère au mieux au contenu réel de la fonction pour attirer les candidats dont le profil correspond véritablement à la fonction. Et pas embellir un titre pour attirer des jeunes car cela posera inévitablement des problèmes par après. Il faut éviter cela."

Des entreprises écologiques

L'enquête s'est aussi intéressée à la question de l'écologie. Avec un résultat qui correspond cependant plus aux attentes. En effet, 71  % des jeunes travailleurs estiment qu'il est important que leur employeur prête attention à l'écologie et au changement climatique. On note même une certaine réticence vis-à-vis de ceux qui ne le font pas. Ainsi 62  % des jeunes ne voudraient pas travailler pour une entreprise qui contribue activement à la dégradation de l'environnement et au réchauffement climatique. "Les employeurs soucieux du climat doivent mettre cette valeur en avant, évoquer leurs engagements et actions concrètes. Il ne s'agit pas de tomber dans le 'greenwashing'. Ils peuvent le formuler de manière brève dans leurs recrutements ou l'expliciter dans l'image générale qu'ils donnent" , poursuit Joël Poilvache, qui met en avant une autre attente des jeunes, constatée cette fois dans une autre étude de Robert Half réalisée en octobre dans le cadre du Guide des salaires 2022 : l'importance du télétravail. Ainsi 60  % des jeunes salariés jugeraient problématique que le télétravail ne soit plus possible. Deux jeunes sur dix envisageraient même de quitter leur employeur si c'était le cas.

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