Le président Erdogan s'obstine : "Je ne défendrai jamais une hausse des taux directeurs"

Malgré la chute de la livre turque, le président Erdogan s'oppose à tout "compromis" concernant les taux directeurs.

A rebours des théories économiques classiques, le président Erdogan estime que les taux élevés favorisent l'inflation.
A rebours des théories économiques classiques, le président Erdogan estime que les taux élevés favorisent l'inflation. ©BELGA
La Libre Eco avec AFP

Le président turc Recep Tayyip Erdogan s'est à nouveau opposé à tout "compromis" concernant le niveau des taux directeurs, et ce malgré la dégringolade de la livre turque, selon des propos rapportés lundi par des médias turcs.

La monnaie turque a dévissé la semaine dernière, perdant 13 % de sa valeur en quelques heures mardi face au dollar, une chute en partie causée par une série d'abaissements des taux directeurs décidés par le président turc.

En réponse, M. Erdogan a ordonné samedi l'ouverture d'une enquête du Conseil d'inspection de l'Etat (DDK) pour manipulation des cours.

"Je n'ai jamais défendu, je ne défends pas et je ne défendrai jamais une hausse des taux directeurs", a déclaré le président Erdogan à des journalistes, lors de son vol retour du Turkménistan ce week-end. "Je ne ferai aucun compromis", a-t-il conclu, selon des propos rapportés par la chaîne NTV.

A rebours des théories économiques classiques, le président Erdogan estime que les taux élevés favorisent l'inflation.

Conformément au souhait du président, la Banque centrale turque, officiellement "indépendante", a ainsi abaissé de nouveau son taux directeur en novembre (de 16 à 15 %) pour la troisième fois en moins de deux mois, alors que l'inflation frôle les 20 % sur un an : un taux quatre fois supérieur à l'objectif initial du gouvernement.

Le taux de l'inflation pour novembre, qui sera annoncé vendredi, pourrait être supérieur à 20 %, selon certains experts. La livre a perdu plus de 40 % de sa valeur face au dollar depuis le début de l'année.

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