Grâce à la Russie, le prix du gaz européen baisse enfin

Malgré cette baisse, le prix du gaz a encore augmenté de près de 17 % cette semaine.

Grâce à la Russie, le prix du gaz européen baisse enfin
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La Libre Eco avec Belga

Le prix du gaz en Europe a fortement baissé vendredi après la forte augmentation récente des tarifs. Cette chute des prix est due au fait que la Russie a augmenté ses livraisons de gaz à l'Europe.

Le plus grand fournisseur de gaz d'Europe a en effet réservé à la dernière minute environ 30 % de l'espace de ses gazoducs, afin de livrer du gaz à l'Allemagne via la Pologne. La reconstitution des réserves européennes a donc atténué les craintes de nouvelles pénuries de gaz.

Le prix du mégawattheure de gaz sur le marché à terme néerlandais a ainsi chuté de plus de 15 % pour atteindre moins de 123 euros. Début octobre, ce tarif avait culminé à plus de 160 euros.

Toutefois, malgré la baisse, le prix du gaz a encore augmenté de près de 17 % cette semaine. Cela s'explique en partie par le fait qu'une vague de froid est attendue en Europe la semaine prochaine et que les niveaux de stockage sont toujours à leur plus bas niveau pour cette période de l'année.

Invasion de l'Ukraine ?

Les tensions croissantes entre la Russie et l'Ukraine ont également provoqué des troubles sur le marché du gaz. Les États-Unis et leurs alliés européens craignent que la Russie ne prépare une attaque, voire une invasion de l'Ukraine. Moscou a rassemblé plusieurs milliers de soldats dans la région frontalière et le nouveau gouvernement allemand a menacé de bloquer l'exploitation du gazoduc Nord Stream 2 si la Russie envahissait l'Ukraine.

Moscou a affirmé à plusieurs reprises qu'elle serait en mesure de fournir davantage de gaz à l'Europe si l'utilisation du gazoduc Nord Stream 2 était approuvée. Le gazoduc est achevé, mais le régulateur allemand a suspendu le processus d'approbation. Bruxelles ne l'a pas encore approuvé non plus : le gazoduc est controversé car l'on craint que l'Europe ne devienne trop dépendante des approvisionnements en gaz russe.

"Quelle que soit la raison inconnue de cette réservation tardive, elle met très clairement en évidence le problème de l'Europe face à la baisse rapide des approvisionnements, qui est exacerbée par l'approche d'une vague de froid et la défaillance des centrales nucléaires en France", a déclaré Ole Hansen, responsable de la stratégie des matières premières chez Saxo Bank. Si la Russie décide finalement de "fermer le robinet", M. Hansen s'attend à ce que le prix du gaz retombe rapidement au niveau de 80 euros par mégawattheure.

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