Nucléaire : "Je ne comprends pas les conclusions que tire la ministre de l'Energie"

Pour l'ancienne ministre fédérale de l'Energie Marie Christine Marghem (MR), le lien établi par l'actuelle ministre Tinne Van der Straeten (Groen) entre la sortie du nucléaire entamée par la Belgique et la mise à l'arrêt de quatre réacteurs en France n'a pas lieu d'être.

Nucléaire : "Je ne comprends pas les conclusions que tire la ministre de l'Energie"
©BELGA
François Thys

Après la mise à l'arrêt de quatre réacteurs nucléaires en France, la ministre fédérale de l'Energie Tinne Van der Straeten (Groen) n'a pas manqué de souligner "le manque de fiabilité de ces centrales nucléaires françaises", pointant au passage que l'importation d'énergie issue du nucléaire depuis la France n'a pas été considérée lors d'une simulation de pénurie pour cette même raison.

Une argumentation qui n'a pas manqué d'interpeller sa prédécesseur, Marie Christine Marghem (MR). "Regardez le mix électrique français : malgré cet arrêt, 40 des 60 GW dont la France a besoin sont produits par le nucléaire. Cela fait tout de même deux tiers des besoins du pays", souligne-t-elle. "Puis historiquement, la France n'a de toute façon jamais été un pays exportateur d'énergie. Pour ceux qui connaissent les dossiers, la France ou même le Royaume-Uni ont toujours dû importer une bonne partie de l'énergie consommée. La Belgique peut compter sur 300, 400 MW maximum en provenance de la France."

Sur les 58 réacteurs français, quatre viennent d'être mis au repos forcé. Après la détection de défauts à proximité de soudures des tuyauteries du circuit d'injection de sécurité dans les deux réacteurs de Civaux, les deux réacteurs de Chooz (non loin de la frontière belge) ont été mis à l'arrêt à titre préventif afin de procéder à des contrôles. "Des arrêts pour des contrôles et pour vérifier la sûreté des centrales, il y en a déjà eu et il y en aura encore, cela n'a rien à voir avec un quelconque problème de fiabilité. J'entends bien que la ministre veut continuer de développer une argumentation allant dans le sens de la sortie du nucléaire, mais ici elle fait se télescoper deux éléments différents. Je ne comprends pas les conclusions qu'elle tire de cet arrêt, pour un parc nucléaire qui non seulement est très solide, mais qui en plus n'est pas le nôtre", s'interroge-t-elle.

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