Inflation : "Nous devons réformer et économiser"

La secrétaire d'État au budget Eva De Bleeker (Open VLD) craint que l'inflation élevée ne soit pas un phénomène temporaire et s'inquiète des conséquences potentielles sur la population, l'économie et le budget.

Inflation : "Nous devons réformer et économiser"
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La Libre Eco avec Belga

"Nous devons réformer et économiser", a plaidé ce jeudi la secrétaire d'État au budget Eva De Bleeker (Open VLD). Il est apparu que l'inflation a encore augmenté en décembre, pour atteindre 5,71 %.L'indice pivot a également été dépassé pour la deuxième fois en cinq mois. Et l'année prochaine, une troisième brèche pourrait être imminente. Lorsque l'indice central est dépassé, les prestations sociales, les pensions et les salaires des fonctionnaires augmentent de 2 % au cours des mois suivants.

La conséquence directe de cette indexation sur les finances publiques est difficile à calculer. L'augmentation des prestations et des salaires accroît évidemment les dépenses, mais les recettes augmentent également, en raison de la hausse des recettes fiscales et des cotisations sociales.

Crainte à long-terme

Me. De Bleeker est particulièrement préoccupée par l'avenir à long-terme. Elle craint que la poussée d'inflation ne soit pas aussi temporaire comme le prétendent certaines institutions, telles que la Banque centrale européenne et la Banque nationale de Belgique. "Cela signifie que les effets sur notre économie pourraient également être plus importants", déclare la secrétaire d'État.

Par exemple, la hausse des prix de l'énergie et des matières premières pourrait avoir un effet négatif sur l'économie et le budget. Et entre-temps, les premières banques centrales sont intervenues en augmentant les taux d'intérêt. La Banque centrale européenne n'est pas encore allée aussi loin. Celle-ci a annoncé qu'elle serait moins prompte à racheter la dette publique et donc à mettre moins d'argent en circulation. "Bien qu'il ne s'agisse pas encore d'une intervention directe sur les taux d'intérêt, c'est un premier pas dans cette direction", déclare Me. De Bleeker.

Une dette élevée

Si les taux d'intérêt augmentent effectivement, cela aura des répercussions importantes sur la Belgique, qui est aux prises avec un taux d'endettement élevé. Selon Eva De Bleeker, l'Agence de la dette estime qu'une augmentation linéaire des taux d'intérêt de 100 points de base par rapport à la situation d'octobre entraînerait un coût supplémentaire de 660 millions d'euros en 2022, "soit 0,13 % du PIB pour le gouvernement fédéral".

"Nos citoyens ont déjà le sentiment que leur argent a de moins en moins de valeur", a déclaré M. De Bleeker. "Mais à un moment donné, le gouvernement commencera aussi à le ressentir, lorsque nous devrons payer davantage pour notre dette nationale. Nous ne pouvons pas éviter cela en dépensant plus d'argent. Au contraire, nous devons réformer et sauver."

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