Centrale biomasse à Gand : le gouvernement flamand refuse d'importantes importations de granulés de bois

La ministre flamande de l'Energie, Zuhal Demir (N-VA), parle d'un manque de certitude quant au fait que ces granulés ne contribuent pas à la déforestation.

On parle d'1,5 million de tonnes de granulés de bois non importés.
On parle d'1,5 million de tonnes de granulés de bois non importés. ©Shutterstock
La Libre Eco avec Belga

Le gouvernement flamand a suivi les arguments de sa ministre de l'Energie et de l'Environnement Zuhal Demir (N-VA) et refuse d'importantes importations de granulés de bois (on parle d'1,5 million de tonnes) en provenance de Sibérie (Russie), du Chili et du Canada pour nourrir la centrale biomasse de Rodenhuize à Gand, communique lundi le cabinet Demir.

La centrale est gérée par la SA Max Green, propriété à 100 % d'Engie Electrabel, dont la ministre a déjà refusé le permis pour la centrale à gaz de Vilvorde. La ministre justifie le refus par le manque de certitude quant au fait que ces granulés ne contribuent pas à la déforestation (c'est-à-dire ne pourraient pas être valorisés autrement qu'en combustible). Un expert externe s'est entre autres penché sur la question, indique le cabinet Demir.

Quant à la production de Russie et du Chili, il y a des inquiétudes sur de possibles abattages illégaux. "Il y a trop peu de certitude que pour autoriser ces importations de bois", indique le cabinet de la ministre flamande.

Des "produits résiduels"

Engie a réagi à cette annonce, soulignant que les pellets utilisés dans la centrale biomasse sont constitués de sciure et de copeaux provenant de l'industrie de transformation du bois. "Il s'agit de produits résiduels qui n'entraînent pas d'abattage supplémentaire d'arbres", a précisé l'entreprise, faisant également référence aux réglementations flamandes en matière de durabilité, qui sont parmi les plus strictes au monde.

La ministre Demir veut également avoir la certitude absolue que les produits résiduels utilisés ne sont pas utilisables comme matières premières industrielles. Engie a reconnu que cela est très difficile à vérifier pour certaines régions.

"Pour l'instant, il n'y a aucun problème pour le fonctionnement de la centrale", a assuré lundi la porte-parole d'Engie, Nele Scheerlinck, après l'annonce. La porte-parole a souligné que l'entreprise a toujours des contrats en cours avec des fournisseurs de granulés d'autres régions qui répondent aux critères de durabilité flamands stricts.

On ne sait pas quelles seront les conséquences à plus long terme. L'usine de biomasse bénéficiera du soutien de la Flandre jusqu'en 2023. Elle produit environ 1,2 térawattheure d'électricité par an, ce qui correspond à la consommation annuelle d'environ 320 000 familles.

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