Les obligations d'Etat belges atteignent un plus haut depuis mars 2020

La hausse des obligations belges n'inquiète pas outre mesure du côté de l'Agence Fédérale de la Dette. Son directeur pointe un niveau toujours bien en-dessous de celui atteint il y a quelques années.

Les obligations d'Etat belges atteignent un plus haut depuis mars 2020
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La Libre Eco avec Belga

Les obligations d'Etat belges sur dix ans ont commencé l'année 2022 à la hausse. En pointant à 0,27 % ce jeudi, les taux desdites obligations à 10 ans s'affichent à un niveau qu'ils n'avaient plus atteint depuis mars 2020. Une hausse qui n'aura pas de lourdes répercussions sur le budget, affirme Jean Deboutte, directeur de l'Agence Fédérale de la Dette. Les OLO (obligations linéaires) sur dix ans sont tombées à des niveaux historiquement bas ces deux dernières années, chutant vers des taux négatifs. En d'autres termes, les investisseurs payaient pour prêter de l'argent à la Belgique, donc.

Le directeur de l'Agence explique ne pas être surpris, lui qui avait vu venir cette hausse des taux. La Banque centrale européenne a en effet annoncé qu'elle allait progressivement ralentir le tempo au niveau du rachat massif d'obligations publiques, un outil qui permettait de stimuler l'économie.

"Le marché a réagi à la nouvelle", explique Jean Deboutte. "D'un autre côté, on note également que l'inflation reste élevée. Aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, la politique des banques centrales est encore plus agressive, poussant ainsi les taux à augmenter. A court terme, je ne vois pas les taux baisser, en tout cas pas à leur plus bas observé l'année dernière."

Un joli matelas pour la Belgique

Cette hausse des taux n'a que peu de conséquences sur le budget de la Belgique, ajoute encore Jean Deboutte. Il y a quelques années encore, la Belgique déboursait pas moins de 12 milliards d'euros par an en charge de dette. La baisse des taux a ramené cette enveloppe à moins de 7 milliards d'euros par an.

"Cette tendance ne va pas immédiatement s'infléchir. En comparaison avec l'année écoulée, nous prévoyons encore une baisse de plus de 800 millions d'euros au niveau du budget prévu pour les intérêts. Nous sommes protégés contre des taux d'intérêt élevés pour un moment. Il en faudra plus avant que nous n'observions des conséquences tangibles : les taux sont encore bien trop bas pour cela", glisse encore le directeur de l'Agence.

La hausse des taux d'intérêt à long terme rend également les crédits logement plus coûteux, même si d'un point de vue historique, ils restent actuellement très bas.