Inflation record au Brésil, qui accuse une hausse de 10,06 % en 2021

Même si l'année 2021 avait été prévue comme l'année de la reprise économique au Brésil, l'inflation élevée et les complications liées à la pandémie obligent les Brésiliens à s'endetter de plus en plus, malgré la hausse des taux d'intérêt.

Rue commerçante du centre-ville de Sao Paulo, au Brésil, le 30 décembre 2021.
Rue commerçante du centre-ville de Sao Paulo, au Brésil, le 30 décembre 2021. ©BELGA
La Libre Eco avec AFP

Le Brésil a enregistré une inflation à deux chiffres en 2021 (+10,06 %), du jamais vu depuis 2015. Cette une hausse des prix affecte considérablement le pouvoir d'achat de la population, notamment des plus pauvres, selon les données publiées par l'institut de statistiques IBGE ce mardi.

L'inflation a ainsi largement dépassé l'objectif de 3,75 % du gouvernement qui avait une fourchette haute à 5,25 %.

Ce résultat pour 2021 est légèrement supérieur aux prévisions des économistes consultés dans l'enquête hebdomadaire Focus de la Banque centrale et qui tablaient sur 9,99 %. "Il s'agit du plus fort taux d'inflation sur une année (civile) depuis 2015, quand il s'élevait à 10,67 %", a rappelé l'IBGE dans un communiqué.

Taux directeur relevé sept fois

Sur le mois de décembre, la hausse des prix à la consommation a toutefois reculé par rapport au mois précédent, à 0,73 %, contre 0,95 % en novembre. Et les analystes voient ce ralentissement de l'inflation se poursuivre au fil des mois, pour terminer l'année 2022 à 5,03 %.

Pour tenter de freiner la hausse des prix, la Banque centrale a relevé son taux directeur à sept reprises l'an dernier : de son plancher historique de 2 % en mars, il a atteint 9,25 % en décembre.

Une nouvelle augmentation de ce taux est attendue pour la prochaine réunion du Comité monétaire de la Banque centrale (Copom), le 2 février.

Hausse générale des prix

L'inflation en 2021 a notamment été tirée par la hausse du coût des aliments (+7,94 %) et des transports (+21,03 %).

"Le coût des transports a notamment été affecté par la hausse des prix des carburants (+47,49 % pour l'essence, +62,23 % pour l'éthanol)", a expliqué Pedro Kislanov, responsable du calcul de l'inflation à l'IBGE.

La hausse des prix a touché de plein fouet les familles les plus pauvres, qui consacrent la plupart de leurs revenus à l'achat de nourriture. Le prix de la viande, devenue un luxe inabordable pour beaucoup, a par exemple augmenté de 8,45 % en un an.

Le café moulu est la denrée alimentaire dont le prix a le plus augmenté (+50,24 %), "notamment au second semestre, en raison d'une baisse de la production à cause du gel en hiver", a précisé Pedro Kislanov.

À neuf mois de la présidentielle, la situation économique morose est un handicap pour le président Jair Bolsonaro, qui compte briguer un nouveau mandat malgré une cote de popularité au plus bas.

Les prévisions de croissance pour 2022 ne sont guère optimistes, à 0,28 % selon la dernière enquête Focus, contre 2,5 % il y a un an.

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