"Les gouvernements ont surréagi à l'émergence du variant Omicron", dénonce l'industrie du transport aérien

L'Association du transport aérien international (Iata) se montre très critique vis-à-vis des mesures prises à la suite de l'apparition du variant Omicron.

Aéroport de Miami, janvier 2022.
Aéroport de Miami, janvier 2022. ©AFP
La Libre Eco avec Belga

La demande de billets d'avion s'est effondrée en raison des réactions "exagérées" des gouvernements face à la propagation rapide du variant Omicron du coronavirus. C'est ce qu'affirme mercredi Willie Walsh, directeur général de l'Association du transport aérien international (Iata). "Malheureusement, les gouvernements ont surréagi à l'émergence du variant Omicron à la fin du mois" de novembre 2021, a-t-il affirmé, cité dans un communiqué de son organisation fédérant plus de 290 compagnies.

Avec le cortège de mesures "dont l'inefficacité a déjà été prouvée" pour ralentir la contagion, comme les fermetures de frontières, la multiplication "excessive" des tests et les mesures de quarantaine, "il n'est pas surprenant que les ventes de billets d'avion à l'international effectuées en décembre et début janvier aient brutalement chuté par rapport à 2019, ce qui augure d'un premier trimestre (2022) plus difficile qu'attendu", a estimé M. Walsh.

Pour ce dernier, ces restrictions de voyage ne contribuent guère à lutter contre la propagation internationale du virus. La pratique de ces deux dernières années l'aurait montré.

"Ces mesures font peser un lourd fardeau sur les vies et les moyens de subsistance", déplore le patron de l'Iata. "Si l'expérience est le meilleur professeur, espérons que les gouvernements seront plus attentifs en ce début de nouvelle année", a-t-il ajouté dans un commentaire sur les derniers chiffres de son organisation concernant le transport de passagers.

Une reprise très hétérogène selon les zones

Ces données datent de novembre, car c'est le dernier mois pour lequel l'association regroupant la grande majorité des compagnies aériennes peut fournir une image complète. À cette époque, la demande de billets d'avion était encore en train de se redresser, aidée par l'assouplissement des règles corona dans divers pays. En novembre, la demande était inférieure de 47 % au niveau de 2019. Un mois plus tôt, la demande était encore inférieure de près de 49 %. Depuis quelque temps, l'IATA compare le nombre de passagers avec celui de 2019, car une comparaison avec 2020, la première année concernée par la pandémie, donnerait une image déformée.

Avant l'émergence d'Omicron, l'Iata, dont les membres représentent 83 % du trafic aérien mondial, espérait voir le secteur continuer à remonter la pente cette année, après avoir subi un choc sans précédent depuis mars 2020.

Selon les dernières estimations en date, remontant à l'assemblée générale de l'Iata début octobre, les compagnies doivent essuyer une perte cumulée de 11,6 milliards de dollars cette année, contre 51,8 milliards prévues en 2021 et 137,7 milliards en 2020.

Le scénario de l'Iata pour 2022 prévoit des situations très contrastées selon les grandes zones géographiques, avec des compagnies aériennes américaines retrouvant le chemin de la rentabilité cette année (9,9 milliards de dollars de bénéfices cumulés).

De leur côté, les compagnies européennes, davantage exposées aux réseaux long-courrier et donc aux fermetures de frontières, doivent rester nettement déficitaires en 2022 avec une perte prévue de 9,2 milliards de dollars, toutefois divisée par deux par rapport à 2021 (20,9 milliards), selon l'Iata.

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