Un bond de 7 % en 2021 : l'inflation aux Etats-Unis enregistre sa plus forte hausse depuis 1982

Un nouveau cailloux dans la chaussure du président Biden.

Un bond de 7 % en 2021 : l'inflation aux Etats-Unis enregistre sa plus forte hausse depuis 1982
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PVC avec AFP

Les prix à la consommation aux États-Unis ont grimpé de 7,0 % sur l'année 2021, enregistrant leur plus forte hausse depuis juin 1982, alors que l'inflation est une préoccupation majeure du président Joe Biden qui s'est engagé à lutter contre le phénomène.

Les seuls prix de l’énergie ont bondi de 29,3 %, et ceux de l’alimentation de 6,3 %, selon l’indice des prix à la consommation (CPI) publié mercredi par le département du Travail.

En excluant les secteurs volatils de l’énergie et de l’alimentaire, l’inflation dite sous-jacente atteint 5,5 %, son rythme le plus élevé depuis février 1991.

L’inflation transitoire s’installe

L’inflation, que beaucoup d’économistes, y compris ceux de la Maison-Blanche et de la Banque centrale américaine (Fed) pensaient transitoire, est désormais devenue l’ennemi public numéro un. Le président Biden a promis d’enrayer cette spirale. La partie “transitoire” de cette hausse des prix est liée aux prix de l’énergie qui devraient se stabiliser ou redescendre à terme. On peut y ajouter aussi la composante également temporaire du ralentissement de la production et de la distribution, liée à l’absentéisme pour raison de Covid. La vague Omicron et les quarantaines obligatoires provoquent en effet une congestion de l’offre et une hausse des coûts.

Un bond de 7 % en 2021 : l'inflation aux Etats-Unis enregistre sa plus forte hausse depuis 1982
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Mais, aux États-Unis, la situation de quasi plein emploi a d’autres implications, à plus long terme. En effet, le mois passé, le taux de chômage a reculé à 3,9 %, pratiquement à son niveau d’avant la pandémie (3,5 %). Et, s’il n’y a pas de mécanisme d’indexation automatique des salaires en dehors de conventions collectives spécifiques, il y a une mobilité professionnelle importante qui permet aux travailleurs d’adapter leurs revenus à la hausse en changeant d’entreprise très facilement. Une partie de l’inflation est donc destinée à durer.

Des marchés financiers insouciants

Ce niveau d’évolution des prix devrait légitimement inquiéter les opérateurs financiers dans la mesure où la réponse traditionnelle des banques centrales face à une inflation qui échappe à leur contrôle est de remonter le niveau du loyer de l’argent, question de calmer le jeu. Or, des taux d’intérêt qui remontent, c’est plutôt déstabilisant pour les marchés d’actions et d’obligations. Or, mercredi, à l’ouverture des places boursières américaines, l’optimisme régnait en maître à Wall Street, les principaux indicateurs de tendance se rapprochant même de leurs plus hauts historiques.

Comment expliquer une telle insouciance ? D’une part, les observateurs ont mis en évidence le très léger ralentissement de la progression des prix en décembre à +0,5 % par rapport à +0,8 % en novembre. Est-ce là le signe avant-coureur d’une stabilisation des prix ? Pour les investisseurs, il n’y a en tout cas pas eu de mauvaise surprise de ce côté, et la baisse des prix pétroliers est en partie à la base du tassement en décembre.

Jerome Powell rassure

Dans le même ordre d’idées, l’intervention très attendue mardi du patron de la Réserve fédérale américaine (Fed) Jerome Powell face aux sénateurs américains, a également eu un effet rassurant sur les opérateurs. Si la Fed est prête à dégainer pour endiguer l’inflation en remontant les taux à court terme plus rapidement que prévu, elle pourrait aussi agir pour maintenir les taux d’intérêt à long terme afin de soutenir les marchés. Du côté des opérateurs, le message est bien passé.