Sortie du nucléaire : non pas 2, mais 3 ou 4 centrales au gaz seraient nécessaires

Un rapport de la Creg mystérieusement disparu, une mise en cause d’Elia. La saga se poursuit...

François Mathieu avec Belga
Sortie du nucléaire : non pas 2, mais 3 ou 4 centrales au gaz seraient nécessaires
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Nouveau rebondissement en vue dans la saga de la sortie du nucléaire ? C’est ce qu’on peut déduire de l’interpellation de la ministre de l’Energie Tinne Van der Straeten (Groen) par le député Bert Wollants (N-VA). En cause : un rapport du régulateur du marché (Creg) qui fustige le gestionnaire de réseau Elia dans son analyse sur la sécurité d’approvisionnement. On sait que ce critère est un des paramètres clé dans la décision finale relative à la sortie du nucléaire attendue en mars, rendue plus délicate encore dans le contexte international que l’on connaît. On résume : un rapport défavorable sur la sécurité d’approvisionnement de la Creg a été publié sur le site, et repris par nos confrères de la VRT. Ce rapport mettrait en avant que 3 ou 4 et non 2 centrales au gaz comme cela avait été initialement postulé seraient nécessaires pour pallier la fermeture des centrales nucléaires dès 2025. Ce rapport a depuis lors disparu du site du régulateur. Disparu, vraiment? La Creg elle-même s'en défend en déclarant que les citations parues sur le site de la VRT faisaient référence à un document qui n'était pas encore prêt à être publié, et que c'est pour cette raison qu'il a été mis hors ligne. Il n'empêche que cela fait désordre.

Interrogée en Commission sur ce rapport ayant disparu, la ministre de l’Energie Tinne Van der Straeten (Groen) a demandé au gestionnaire de réseau Elia de partager les informations nécessaires avec le régulateur de l’énergie afin que celui-ci puisse jouer son rôle. Elle estime toutefois qu’il est prématuré de conclure qu’il sera nécessaire de construire une ou deux centrales électriques au gaz supplémentaires, en plus des deux déjà prévues. C’est ce qu’a répondu la ministre au député nationaliste. Il n’en fallait pas plus pour alimenter les réseaux sociaux, et conforter les partisans du nucléaire que la sécurité d’approvisionnement ne serait pas assurée après 2025.

En ce qui concerne les “tensions” entre la Creg et Elia, la ministre a expliqué que chaque acteur a son rôle à jouer dans le maintien de la sécurité d’approvisionnement et le maintien des coûts du CRM (mécanisme d’enchères mis en place pour trouver des solutions au vide de production laissé par la fermeture des centrales) au plus bas niveau possible. Selon elle, ce n’est pas nécessairement une mauvaise chose que les deux parties aient une analyse différente ou aient des accents différents. Ce mercredi, Elia tient une conférence de presse sur les résultats du groupe qui vaudra le détour… Mais le gestionnaire a déjà tenu à réagir. Selon lui, "les interactions avec la Creg ne sont pas terminées et beaucoup de données sont encore échangées. Le document montre que la Creg porte un regard critique sur le travail d'Elia, ce qui en soi n'est absolument pas un problème. C'est même plutôt positif, car cela montre que nous jouons tous les deux notre rôle. Les échanges entre la Creg et Elia cela ne doit pas être considéré comme une position ferme et définitive, mais comme un instantané, une position à un moment donné. Elia a des obligations en matière de transparence et continuera de le faire à l'avenir", conclut le communiqué du groupe. A quelques semaines de la décision définitive (?) sur la sortie du nucléaire, la pression monte à nouveau d'un cran.