Voici les nouvelles sanctions économiques internationales contre la Russie

Que ce soit le secteur bancaire, aérien ou des semi-conducteurs, les sanctions économiques internationales se multiplient contre Moscou, à la suite de son invasion de l'Ukraine ce jeudi.

La Libre Eco avec Belga et AFP
Le Royaume-Uni et le Japon ont annoncé une nouvelle série de sanctions contre la Russie.
Le Royaume-Uni et le Japon ont annoncé une nouvelle série de sanctions contre la Russie. ©BELGA

Ce vendredi, le Japon a annoncé des sanctions supplémentaires contre Moscou pour son invasion de l'Ukraine, visant le secteur financier et l'exportation de composants électroniques vers la Russie, qui a aussitôt condamné ces mesures. "Il y aura une sérieuse réponse de notre part", a promis l'ambassadeur de Russie, Mikhail Galuzin, lors d'une conférence de presse à Tokyo, en "regrettant profondément" les mesures "contre-productives" prises par la troisième économie mondiale à l'encontre de son pays.

En plus de premières sanctions annoncées mercredi, les nouvelles mesures de Tokyo "comprennent le gel des actifs et la suspension de la délivrance de visas à des personnes et organisations russes", a annoncé vendredi le Premier ministre nippon Fumio Kishida, après une réunion en ligne des dirigeants des sept pays industrialisés du G7.

M. Kishida a également annoncé un train de sanctions "dans le secteur financier, comme le gel d'actifs visant des institutions financières russes", ainsi que des mesures "sur les exportations vers les organisations russes liées à l'armée" et sur des "biens à usage général comme les semi-conducteurs et les articles figurant sur une liste restreinte basée sur des accords internationaux", sans donner plus de précisions dans l'immédiat.

Les semi-conducteurs sont des composants électroniques essentiels de produits de grande consommation, allant des voitures aux consoles de jeux en passant par les smartphones, et font actuellement l'objet d'une pénurie dans le monde entier.

M. Kishida avait fermement condamné jeudi "l'invasion russe" qui "secoue les fondations de l'ordre international" et précisé que Tokyo allait "coordonner ses efforts avec ceux de la communauté internationale dont les Etats-Unis", auxquels le Japon est étroitement allié.

Les relations russo-japonaises sont compliquées : les deux Etats n'ont jamais signé de traité de paix après la Seconde Guerre mondiale, en raison d'un contentieux territorial sur quatre petites îles de l'archipel des Kouriles (nord du Japon).

L'Allemagne suspend les garanties d'investissement

Il devient de plus en plus risqué pour les entreprises allemandes de faire des affaires en Russie. Le gouvernement allemand a décidé de ne plus couvrir les investissements et les exportations des entreprises allemandes vers ce pays, a indiqué vendredi le ministère allemand de l'Economie. Il s'agit, d'une part, de garanties d'investissement relatives aux exportations allemandes vers la Russie et d'investissements allemands directs dans le pays. Il n'y aura plus non plus de couverture dite Hermes pour la Russie.

Avec ces garanties Hermes - du nom de l'assureur-crédit Euler Hermes qui les gère - le gouvernement allemand protège les transactions des exportateurs contre les risques économiques et contre les possibles défauts de paiement.

Les banques russes, cibles des États-Unis

De leur côté, les États-Unis ont annoncé ce jeudi de fermes sanctions, qui touchent aussi bien les banques que les nouvelles technologies en passant par des oligarques russes. Pour porter un coup à l'économie russe, les autorités américaines ont notamment ciblé les deux plus grandes banques du pays, Sberbank et VTB.

La Banque de Russie n'a pas tardé à réagir et rassurer les banques domestiques : "La Banque de Russie et le gouvernement russe vont apporter toute l'assistance nécessaire aux banques sanctionnées par les États occidentaux", notamment aux deux plus grandes banques du pays, VTB et Sberbank, a indiqué la Banque de Russie dans un communiqué.

"Toutes les opérations de ces banques en roubles seront effectuées et les services appropriés seront fournis à tous les clients comme d'habitude", selon le communiqué. "Tous les moyens des clients en devises étrangères ont également été préservés et peuvent être délivrés en ces devises".

"La Banque de Russie est prête à soutenir les banques avec des roubles et des devises étrangères", précise-t-il, en affirmant que toutes les banques concernées ont "une grande réserve de solidité".

Enfin, l'institution financière ajoute qu'elle "est prête à prendre des mesures supplémentaires pour assurer la stabilité et la continuité des activités opérationnelles des banques, pour défendre les intérêts de leurs créanciers et épargnants".

Sberbank a assuré jeudi que tous ses systèmes et ses bureaux continuaient de fonctionner "normalement", ses clients ayant "pleinement l'accès" à tous leurs moyens financiers.

De son côté, VTB a annoncé qu'en raison de sanctions, l'utilisation de ses cartes bancaires de types Visa et Mastercard à l'étranger était "impossible". "Nous vous recommandons de retirer du liquide à l'avance pour les paiements sur le territoire des pays étrangers", a indiqué la banque dans un communiqué, en précisant que sur le territoire russe toutes les cartes étaient opérationnelles "sans restrictions".

Novikombank, également sanctionnée, a indiqué que la "mise en place de sanctions ne va pas affecter" ses activités. "Nous garantissons la sécurité des moyens financiers de nos clients et de leurs intérêts", assure-t-elle.