"Si elle explose, ce sera dix fois pire que Tchernobyl" : les appels au calme se multiplient après l'attaque russe sur la centrale nucléaire de Zaporijjia

La centrale nucléaire de Zaporijjia, la plus grande d'Europe dans le centre de l'Ukraine, était la proie d'un incendie vendredi après un bombardement par les forces russes, et Kiev a exigé un cessez-le-feu immédiat pour éviter une catastrophe.

La Libre Eco avec AFP
"L'Ukraine compte 15 réacteurs nucléaires. S'il y a une explosion, c'est la fin de tout. La fin de l'Europe", a alerté le président ukrainien Volodymyr Zelensky.
"L'Ukraine compte 15 réacteurs nucléaires. S'il y a une explosion, c'est la fin de tout. La fin de l'Europe", a alerté le président ukrainien Volodymyr Zelensky. ©AFP

"A la suite d'un bombardement des forces russes sur la centrale nucléaire de Zaporijjia, un incendie s'est déclaré", a indiqué ce porte-parole, Andreï Touz, dans une vidéo publiée sur le compte Telegram de la centrale. "Les pompiers ne peuvent pas atteindre le lieu du feu et l'éteindre. Les tirs tombent très près. La première unité électrique de la centrale a déjà été touchée. Arrêtez ça!", a-t-il poursuivi dans une autre vidéo.

Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Dmytro Kuleba, a exhorté la Russie à cesser de viser cette centrale, qui compte six réacteurs nucléaires et fournit une grande partie de l'énergie du pays.

"Si elle explose, ce sera dix fois pire que Tchernobyl! Les Russes doivent IMMEDIATEMENT cesser le feu, laisser passer les pompiers et permettre d'établir un périmètre de sécurité", a tweeté M. Kuleba, selon qui les forces russes tirent "de tous les côtés".

Plus tôt jeudi, l'Ukraine avait indiqué à l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) que de chars et de fantassins russes se trouvaient près d'Enerhodar, à quelques kilomètres de Zaporijjia. Et le directeur général de l'AIEA, Rafael Mariano Grossi, avait demandé que cesse immédiatement tout usage de la force dans les environs.

Multiples appels au calme

Le 24 février, des combats avaient déjà eu lieu près de l'ancienne centrale de Tchernobyl, lieu du pire accident nucléaire de l'Histoire à une centaine de kilomètres au nord de Kiev, et qui est désormais entre les mains des troupes russes. Dans des déclarations à la télévision russe jeudi, le président Vladimir Poutine n'a donné aucun espoir d'apaisement de l'offensive.

"L'opération militaire spéciale se déroule strictement selon le calendrier, selon le plan", a-t-il déclaré, rendant hommage aux soldats russes et à leur "précieux combat contre des néonazis" et des "mercenaires étrangers" qui utilisent selon lui les civils comme "boucliers humains" en Ukraine.

L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a appelé à cesser l'usage de la force sur la centrale nucléaire de Zaporijjia, la plus grande d'Europe dans le centre de l'Ukraine, frappée par des bombardements russes, mettant en garde contre un "grave" danger si un réacteur est touché.

L'AIEA "appelle à cesser l'usage de la force et avertit d'un grave danger si les réacteurs sont touchés", a tweeté l'organisation, précisant que son directeur général Rafael Mariano Grossi est en contact avec les autorités ukrainiennes et l'opérateur de la centrale pour évaluer la situation.

Plus tard dans la matinée, les autorités ukrainiennes se sont voulues rassurantes. Elles indiquaient avoir pu envoyer des pompiers à la centrale, assurant que la sécurité nucléaire des lieux était maintenant assurée. "Le directeur de la centrale a indiqué que la sécurité nucléaire est maintenant garantie. Selon les responsables de la centrale, un bâtiment pour les formations et un laboratoire sont touchés par un incendie", a indiqué sur Facebook Oleksandre Staroukh, chef de l'administration militaire de la région de Zaporijjia.

La terreur nucléaire

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky accusait Moscou de recourir à "la terreur nucléaire" et de vouloir "répéter" la catastrophe de Tchernobyl.

"Nous alertons tout le monde sur le fait qu'aucun autre pays hormis la Russie n'a jamais tiré sur des centrales nucléaires. C'est la première fois dans notre histoire, la première fois dans l'histoire de l'humanité. Cet Etat terroriste a maintenant recours à la terreur nucléaire", a-t-il affirmé dans une vidéo publiée par la présidence ukrainienne.

"L'Ukraine compte 15 réacteurs nucléaires. S'il y a une explosion, c'est la fin de tout. La fin de l'Europe. C'est l'évacuation de l'Europe", a-t-il poursuivi.

"Seule une action européenne immédiate peut stopper les troupes russes. Il faut empêcher que l'Europe ne meure d'un désastre nucléaire", a ajouté le président ukrainien.