Le prix du nickel dépasse les 100 000 dollars la tonne, la cotation suspendue à la Bourse de Londres

Les investisseurs craignent que la Russie ne puisse plus exporter sa production.

Le prix du nickel dépasse les 100 000 dollars la tonne, la cotation suspendue à la Bourse de Londres
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La Libre Eco avec AFP

Le prix du Nickel continuait sa course folle mardi matin pour atteindre de nouveaux records, grimpant même brièvement au-dessus de 100.000 dollars la tonne en séance, les investisseurs craignant que la Russie ne puisse plus exporter sa production. Vers 7H00 GMT (8H00, heure de Bruxelles), le prix du nickel montait de plus de 70 % à 82.195 dollars la tonne. Il avait atteint le record absolu de 101.365 dollars la tonne peu après 06h00 GMT, après avoir déjà battu un record historique la veille.

-> Lire aussi: Guerre en Ukraine : comment les traders qui ont parié sur la chute du prix du nickel s'en mordent les doigts

Les marchés faisaient preuve de fébrilité face à l'impact économique imprévisible de la guerre en Ukraine, provoquant une flambée des prix des matières premières et une forte volatilité.

Si tous les métaux flambaient ainsi depuis le début de la semaine, le nickel, utilisé dans la production de véhicules électriques et dont la Russie est un grand producteur, connaît une hausse fulgurante.

"La Russie est le troisième producteur mondial de nickel et le premier producteur de produits primaires de nickel, tel que le nickel raffiné nécessaire aux batteries des véhicules électriques", rappelle Benjamin Louvet, analyste chez OFI AM.

"Pour l'heure, les principaux producteurs de métaux du pays ont été épargnés par les sanctions, mais beaucoup d'entreprises de ce secteur sont dirigées par des oligarques proches de Vladimir Poutine", ajoute-t-il. "L'impact de telles sanctions pourrait être important, puisque 37 % des exportations russes ont pour destination les Pays-Bas, et 16 % l'Allemagne."

Suspension

Le marché londonien des métaux a suspendu mardi la cotation du nickel.

"Suite à de nouvelles augmentations sans précédent du prix du nickel à trois mois pendant la nuit, le LME a pris la décision de suspendre les échanges, au minimum pour le reste de la journée" de mardi, a indiqué le London Metal Exchange dans un communiqué.

Au début de l'année, le prix était encore à un peu plus de 20.000 dollars. La perspective d'embargos qui viseraient directement les entreprises productrices de métaux inquiète toujours les investisseurs, alors que les combats se poursuivent en Ukraine et que le marché est déjà déstabilisé par les sanctions déjà appliquées par l'Occident.

La forte hausse du prix du nickel depuis le début du conflit en raison de l'importance de la Russie dans la production du métal a déclenché un mouvement de liquidations forcées de ventes à découvert, a commenté Jim Reid, analyste chez Deutsche Bank. Des speculateurs ayant parié sur une baisse du prix du nickel sont en effet obligés à présent d'acheter le métal pour clore leur position et respecter les termes de leur contrat, faisant grimper artificiellement les cours et forçant d'autres parieurs à la baisse à faire de même.

Dans ce genre de scénario, "vu le manque de volume du marché, il n'y a aucune limite au niveau que les prix peuvent atteindre", préviennent les courtiers de Marex. Résultat, en trois séances, le prix a flambé de 197 %, à 80.000 dollars la tonne quand le LME a suspendu mardi les échanges.

Signe que les liquidations forcées de positions courtes expliquent la hausse de ce matin, l'aluminium, métal également très dépendant de la production russe, s'inscrivait en léger retrait mardi, à 3.575 dollars la tonne vers 10H00 GMT.

Le prix du nickel dépasse les 100 000 dollars la tonne, la cotation suspendue à la Bourse de Londres
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