Entre sanctions contre la Russie et réserves stratégiques, le baril de pétrole WTI désormais en dessous de la barre symbolique des 100 dollars

Malgré la nouvelle série de sanctions imposées à la Russie, l'attention du marché reste portée sur la promesse des membres de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), hors Etats-Unis, de puiser 60 millions de barils dans leurs réserves d'urgence.

La Libre Eco avec AFP
Les Etats-Unis ont annoncé une nouvelle série de sanctions "dévastatrices" contre la Russie, visant les grandes banques et les enfants de Vladimir Poutine.
Les Etats-Unis ont annoncé une nouvelle série de sanctions "dévastatrices" contre la Russie, visant les grandes banques et les enfants de Vladimir Poutine. ©Shutterstock

Les prix du pétrole se reprenaient jeudi, après leur dégringolade de la veille, tiraillés entre les nouvelles sanctions occidentales contre la Russie et l'utilisation des réserves stratégiques d'or noir des membres de l'AIE.

Vers 09H30 GMT (11H30 à Paris), le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en juin prenait 1,19 % à 102,27 dollars. Le baril de West Texas Intermediate (WTI) américain pour livraison en mai gagnait quant à lui 1,05 % à 97,26 dollars.

Les Etats-Unis ont annoncé une nouvelle série de sanctions "dévastatrices" contre la Russie, visant les grandes banques et les enfants de Vladimir Poutine.

L'Union européenne examine un 5e ensemble de sanctions qui, pour la première fois, comporte des mesures dans le secteur de l'énergie avec un embargo sur les achats de charbon à la Russie et la fermeture des ports de l'UE aux navires russes. Les sanctions européennes sur le pétrole russe ont cependant pour le moment été évitées, "bien que les voix des partisans de cette mesure drastique se fassent de plus en plus entendre, l'indignation suscitée par le massacre de civils augmentant de jour en jour", dit Tamas Varga, analyste chez PVM Energy.

Malgré la nouvelle série de sanctions imposées à la Russie, l'attention du marché reste portée sur la promesse des membres de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), hors Etats-Unis, de puiser 60 millions de barils dans leurs réserves d'urgence.

De quoi contribuer "à apaiser les inquiétudes en matière d'approvisionnement", explique Susannah Streeter, analyste pour Hargreaves Lansdown.

Cette promesse intervient une semaine après l'engagement du président des Etats-Unis Joe Biden de libérer 180 millions de barils supplémentaires sur les prochains mois. "Au vu de ces quantités, les inquiétudes antérieures concernant la pénurie d'approvisionnement ne sont plus justifiées, comme le montre également l'évolution des prix", commente Carsten Fritsch, analyste chez Commerzbank.

Si ces initiatives ont provoqué une baisse significative des prix du pétrole, le WTI évoluant désormais en dessous de la barre symbolique des 100 dollars le baril, "elles ne devraient pas être en mesure de compenser le déficit russe attendu de 2,5 à 3 millions de baril par jour", prévient Tamas Varga.