Statu quo de la BCE, qui joue la prudence face à une zone euro "sévèrement affectée par la guerre en Ukraine"

Sans grande surprise, la Banque centrale européenne a maintenu ses taux à leur niveau historiquement bas.

La Libre Eco avec AFP
Statu quo de la BCE, qui joue la prudence face à une zone euro "sévèrement affectée par la guerre en Ukraine"
©BELGAWORLD

La guerre en Ukraine a des répercussions "sévères" sur l'économie de la zone euro, a déclaré Christine Lagarde, alors que la flambée de l'énergie, les chaînes d'approvisionnement perturbées et le recul de la confiance assombrissent les perspectives.

"La guerre en Ukraine affecte sévèrement l'économie de la zone euro et a considérablement accru l'incertitude", a déclaré la présidente de la Banque centrale européenne, lors d'une conférence de presse virtuelle."Les répercussions de la guerre sur l'économie dépendront de l'évolution du conflit, de l'effet des sanctions actuelles et d'éventuelles mesures supplémentaires", a-t-elle ajouté.

Ces incertitudes expliquent la prudence des gardiens de la zone euro qui, à la différence des autres grandes banque centrales, n'ont pas amorcé de hausses de leurs taux directeurs, ni même défini de calendrier précis de relèvement pour tenter de juguler l'envolée des prix.

"La persistance de coûts énergétiques élevés, conjuguée à la perte de confiance, pourrait faire baisser la demande et freiner la consommation", plombant ainsi la croissance de la zone euro, a estimé Mme Lagarde.

La Française a dressé un tableau peu encourageant de la conjoncture : "la guerre pèse déjà sur la confiance des entreprises et des consommateurs, notamment par l'incertitude qu'elle entraîne. Les prix de l'énergie et des produits de base sont en forte hausse. Les ménages sont confrontés à un coût de la vie plus élevé" tandis que "les entreprises sont confrontées à des coûts de production plus élevés et que la guerre a créé de nouveaux goulets d'étranglement" dans les chaînes logistiques.

A l'issue du Conseil des gouverneurs, l'institut s'est donc contenté de réitérer son signal de mars en faveur de la stabilité des prix, annonçant que les achats nets d'actifs, effectués dans le cadre de l'APP, prendront fin au "troisième trimestre".

La première hausse des taux interviendra "quelque temps après" la fin de ces rachats, soit "entre une semaine et plusieurs mois" après, a indiqué Mme Lagarde.