Pour bénéficier d'un programme de renflouement, le Sri Lanka doit restructurer sa dette extérieure

Le gouvernement du président Gotabaya Rajapaksa a entamé cette semaine des discussions avec le FMI à Washington en vue d'obtenir une aide de 3 à 4 milliards de dollars.

Pour bénéficier d'un programme de renflouement, le Sri Lanka doit restructurer sa dette extérieure
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La Libre Eco avec Belga

Le Fonds monétaire international (FMI) a annoncé mercredi avoir demandé au Sri Lanka, en faillite, de "restructurer" sa dette extérieure colossale avant qu'un programme de renflouement puisse être finalisé, au moment où la crise économique s'accentue et les manifestations antigouvernementales se multiplient sur l'île. Le Sri Lanka, en proie à sa pire crise économique depuis son indépendance en 1948, a annoncé le 12 avril faire défaut sur sa dette extérieure de 51 milliards de dollars.

Le gouvernement du président Gotabaya Rajapaksa a entamé cette semaine des discussions avec le FMI à Washington en vue d'obtenir une aide de 3 à 4 milliards de dollars.

"Lorsque le FMI détermine que la dette d'un pays n'est pas viable, ce dernier doit prendre des mesures pour rétablir la viabilité de sa dette avant d'obtenir un prêt du FMI", a déclaré le directeur de la mission du Fonds pour le Sri Lanka, Masahiro Nozaki, dans un communiqué.

"L'approbation d'un programme soutenu par le FMI pour le Sri Lanka nécessiterait des assurances adéquates que la viabilité de la dette sera rétablie", a-t-il ajouté.

Les pourparlers avec le Sri Lanka ne sont encore qu'à un "stade précoce", a-t-il poursuivi, tout en soulignant que le FMI était "très préoccupé" par la situation économique et les difficultés subies par la population, en particulier les plus pauvres et les plus vulnérables.

Au début de l'année, le FMI avait prévenu le pays que sa dette extérieure n'était pas viable et sa dette implique que le pays ne peut pas demander de financement d'urgence, a rappelé le FMI.

Décote

Lundi, le président Gotabaya Rajapaksa a reconnu que le Sri Lanka aurait dû s'adresser au FMI "beaucoup plus tôt".

Selon des sources au sein du ministère des Finances du Sri Lanka, la restructuration de la dette nécessitera que les créanciers acceptent une "décote", soit une réduction de la valeur de leurs actifs, ou acceptent des périodes de remboursement plus longues.

Le pays manque de dollars pour financer l'importation de produits de première nécessité, (denrées alimentaires, carburant, médicaments). Les pénuries généralisées ont provoqué des manifestations quotidiennes dans tout le pays.

Mardi, un homme a été tué par balle et 29 personnes ont été blessées à Rambukkana, une ville du centre du pays, dans des heurts avec la police. Il s'agit du premier affrontement meurtrier depuis que les manifestations antigouvernementales ont éclaté ce mois-ci.

A Colombo, des dizaines de milliers de personnes maintenaient le siège du bureau du président où elles réclament sa démission depuis le 9 avril.

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