La Belgique porte plainte contre un projet français de parc éolien offshore

Les autorités belges reprochent à la France de ne pas avoir été entendues lors de la détermination de l'emplacement du parc.

La Belgique porte plainte contre un projet français de parc éolien offshore
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C.M. avec Belga

Le ministre de la Mer du Nord, Vincent Van Quickenborne (Open VLD), a annoncé mardi avoir déposé une plainte auprès de la Commission européenne contre le projet français de construction d’un parc éolien au large de Dunkerque, près de la frontière belge. Celui-ci inquiète la Belgique à plus d’un titre : nuisances visuelles de La Panne, Coxyde et Nieuport (on parle de 46 éoliennes de 260 et 300 m de haut à inscrire dans un site de maximum 50 km² à 11,4 km au large des communes balnéaires) ; entrave des routes maritimes historiques à destination et en provenance du Royaume-Uni ; potentiels problèmes dans l’espace aérien belge ; risques pour le milieu marin et l’environnement…

En mai dernier, le ministre de la Mer du Nord, les communes côtières concernées et le port d'Ostende avaient assuré que "la Belgique ne s'inclinerait pas devant le projet français" et, au besoin, auraient "recours aux moyens légaux" pour le contrecarrer.

Début juillet dernier, le gouvernement belge engageait une procédure judiciaire devant un tribunal administratif de Lille. Le dossier était également soulevé auprès de la Commission européenne, car la Belgique n’a pas été entendue lors de la détermination de l’emplacement du parc, alors que les règles européennes le prescrivent.

La Commission a alors entamé des pourparlers de médiation, mais ceux-ci n'ont rien donné, selon le cabinet Van Quickenborne. "Au cours de ce processus, nous avons constaté qu'il n'y avait pas suffisamment de volonté du côté français pour prendre en compte les droits des habitants du littoral belge, du port d'Ostende et des autres parties prenantes."

Une étape nécessaire

La Commission européenne dispose de trois mois pour étudier la plainte et émettre ou non un avis motivé. Après cela, la Belgique pourra éventuellement déposer une plainte auprès de la Cour de Justice de l’Union européenne.

M. Van Quickenborne souligne que la Belgique reste ouverte au dialogue avec la France. "Mais cette étape est nécessaire pour sauvegarder nos droits, a-t-il indiqué. C'est bien dommage que la France ne veuille pas répondre à la main tendue du côté belge", a-t-il ajouté.

Ce projet français de parc éolien, mené par le consortium Éoliennes en mer de Dunkerque (EDF Renouvelables, Innogy SE et Enbridge) et le gestionnaire du réseau français RTE, vise une puissance installée de 600 MW.

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