Suspension du gaz russe : la Bulgarie et la Pologne approvisionnées par leurs voisins de l'UE

"Nous ferons en sorte que la décision de Gazprom ait le moins d'effet possible sur les consommateurs européens", a assuré la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.

La Libre Eco avec AFP
Mateusz Morawiecki, Premier ministre polonais.
Mateusz Morawiecki, Premier ministre polonais. ©BELGA

La Bulgarie et la Pologne sont désormais approvisionnées en gaz "par leurs voisins de l'UE", après la suspension par Gazprom des livraisons russes, a affirmé mercredi la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen. "Nous ferons en sorte que la décision de Gazprom ait le moins d'effet possible sur les consommateurs européens", a assuré la cheffe de l'exécutif bruxellois dans une brève allocution à la presse. "La mesure prise par la Russie affecte la Russie elle-même. Le Kremlin fait mal à l'économie russe car ils se privent eux-mêmes de revenus importants", a-t-elle estimé.

La Bulgarie et la Pologne s'étaient déjà dites en mesure d'obtenir le gaz manquant par d'autres sources.

Mme von der Leyen a annoncé le projet de la présidence française du Conseil de l'UE de réunir "dès que possible" les ministres européens de l'Energie. "Aujourd'hui, le Kremlin a échoué une fois de plus dans sa tentative de semer la division parmi les Etats membres", a-t-elle assuré, après une réunion du groupe de coordination européen pour le gaz.

Le géant gazier russe Gazprom a annoncé mercredi avoir suspendu toutes ses livraisons de gaz vers la Bulgarie et la Pologne, affirmant que ces deux pays membres de l'Otan et de l'Union européenne n'avaient pas effectué de paiement en roubles. Le président russe Vladimir Poutine avait déclaré le mois dernier que la Russie n'accepterait le paiement des livraisons de gaz que dans sa monnaie nationale, en réaction aux sanctions prises pour punir l'offensive du Kremlin en Ukraine.

Les entreprises européennes acceptant de payer le gaz russe en roubles, comme l'exige Moscou, violeraient les sanctions de l'UE et s'exposeraient à un risque juridique "élevé", a averti Mme von der Leyen. "Environ 97 % des contrats (entre des groupes de l'UE et les fournisseurs de gaz russe) prévoient des paiement en euros ou dollars (...) Les entreprises avec de tels contrats ne doivent pas céder à l'exigence de la Russie, ce serait contrevenir aux sanctions" imposées par les Vingt-Sept, a-t-elle ajouté.

La guerre en Ukraine a révélé la dépendance de l'UE au gaz russe qui représente globalement 45 % de ses importations. Mais la présidente de la Commission a rappelé l'engagement des Vingt-Sept à supprimer rapidement cette dépendance "pour de bon et pour toujours". "Le Kremlin utilise les énergies fossiles comme instrument de chantage", a encore estimé Mme von der Leyen.

"Actes inamicaux"

De son côté, le Kremlin estime que la suspension des livraisons de gaz russe à la Bulgarie et à la Pologne, pour n'avoir pas payé en roubles comme exigé, est la conséquence d'actes hostiles inédits contre la Russie. "Les conditions qui ont été fixées font partie d'une nouvelle méthode de paiement élaborée après des actes inamicaux sans précédent dans le domaine économique et financier" après l'offensive russe en Ukraine, a déclaré le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

Il a assuré que la Russie avait dû élaborer un nouveau mode de paiement après le "vol" d'une "partie significative" des réserves russes, une référence au gel des réserves de devises étrangères russes détenues à l'étranger.

"Il ne s'agit pas de chantage", a poursuivi M. Peskov, en réponse à des accusations en ce sens de la cheffe de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.