L'inflation "très proche du pic" : l'indice pivot est dépassé

L'inflation est restée stable à 8,31 % en avril, les prix de l'énergie restant la cause de l'inflation élevée. L'indice-pivot pour la fonction publique et les allocations sociales est dépassé.

En avril, les principales hausses de prix ont concerné la viande, le pain et les céréales, l'achat de véhicules, les chambres d'hôtel, les légumes ainsi que l'entretien et les réparations de véhicules.
En avril, les principales hausses de prix ont concerné la viande, le pain et les céréales, l'achat de véhicules, les chambres d'hôtel, les légumes ainsi que l'entretien et les réparations de véhicules. ©Shutterstock
La Libre Eco avec Belga et AFP

L'inflation s'est stabilisée en avril et a cessé d'augmenter pour la première fois depuis janvier 2021, mais elle est restée à un sommet de +8,31 %, un pourcentage de hausse identique à celui de mars 2022 qui était le niveau le plus élevé depuis mars 1983. En revanche, l'inflation sous-jacente, qui ne tient pas compte de l'évolution des prix des produits énergétiques et des produits alimentaires non transformés, a continué d'accélérer, pour atteindre 4,08 % en avril, contre 3,75 % en mars et 3,28 % en février, indique jeudi Statbel.

En avril, les principales hausses de prix ont concerné la viande, le pain et les céréales, l'achat de véhicules, les chambres d'hôtel, les légumes ainsi que l'entretien et les réparations de véhicules. Les carburants, le gaz naturel, les vêtements et les services combinés de télécommunications ont, par contre, exercé un effet baissier sur l'indice.

Statbel constate que l'inflation des produits alimentaires s'élève en avril à 5,09 % contre 4,63 % le mois précédent. "Il y a une forte hausse de l'inflation des produits alimentaires (y compris les boissons alcoolisées) ces derniers mois. En novembre, cette inflation s'élevait à 0,47 %. Ces derniers mois, l'inflation est particulièrement en hausse pour le pain, les céréales et autres huiles alimentaires (y compris huile pour friture).Pour le pain, l'inflation s'élève à 10,2 % en avril contre 1,7 % en novembre. L'inflation pour les céréales atteint 9,3 % en avril contre 0,6 % en novembre. L'inflation pour les autres huiles alimentaires a progressé de 13,1 % en novembre à 25,4 % en avril", souligne-t-on.

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Indice-pivot franchi

La première estimation de l'inflation selon l'indice européen des prix à la consommation harmonisé (estimation rapide de l'IPCH) pour la Belgique est de 9,3 % pour le mois d'avril, là aussi stable par rapport au mois de mars. L'écart d'inflation entre l'IPCH et l'IPC est dû en grande partie à la méthode de calcul différente pour le gasoil de chauffage, selon Statbel.

L'indice santé lissé s'établit, quant à lui, à 116,52 points en avril. L'indice-pivot pour la fonction publique et les allocations sociales, fixé à 116,04 points, est ainsi dépassé. "Dès lors, les allocations sociales et les pensions seront indexées de 2 % en mai. Les salaires du secteur public seront indexés de 2 % en juin", rappelle Statbel. Les salaires du secteur privé sont également liés à l'indice lissé, mais le moment de l'indexation dépend de la convention collective de travail.

Le précédent dépassement de l'indice-pivot remontait à peine au mois de février 2022. Le prochain indice-pivot pour la fonction publique et les allocations sociales est fixé à 118,36 points.

L'inflation en zone euro "très proche du pic", juge le vice-président de la BCE

La flambée des prix en zone euro, accentuée par la guerre en Ukraine, est "très proche" de connaître un pic avant un reflux attendu en seconde partie d'année, a estimé jeudi Luis de Guindos, vice-président de la Banque centrale européenne. "Mon évaluation est que nous sommes très proches du pic et que nous commencerons à voir l'inflation baisser au second semestre", a déclaré le responsable lors d'une audition devant le Parlement européen à Bruxelles.

Néanmoins, "l'inflation sera élevée même au dernier trimestre de l'année", l'institut la voyant encore supérieure à 4 %, a ajouté le banquier central.

Dans la zone euro, l'inflation a atteint le record de 7,4% en mars, bien au-dessus de l'objectif de 2 % visé par la BCE à moyen terme et censé refléter la stabilité des prix.

Dans les dernière prévisions d'inflation publiées en mars, les gardiens de l'euro tablent sur un taux moyen de 5,1 % en 2022, selon un scénario dit de "base" qui n'intègre pas une réduction, voire un arrêt, de l'approvisionnement en gaz russe avec ses conséquences dévastatrices pour la production en Europe. Un tel cas, non évoqué jeudi par M. de Guindos, provoquerait de fait une hausse supplémentaire des coûts de l'énergie, qui comptent déjà pour moitié dans la flambée actuelle de l'inflation. Cela porterait l'inflation moyenne à 7,1 % en 2022, prévoyait la BCE en mars. Un nouveau jeu de prévisions sera publié en juin, au moment de fixer le cap de la politique monétaire.

L'institut estime que le recours progressif à d'autres sources d'énergie, comme s'y prépare l'Allemagne, très dépendante du gaz russe, va faire retomber les tensions sur les prix.

A l'avenir, la BCE va surtout surveiller "les effets de second tour" en termes de spirales prix-salaires qui seront "déterminants" sur le niveau attendu d'inflation, selon M. de Guinos. "Jusqu'à présent, nous n'avons pas vu une telle dynamique salariale" avec des augmentations négociées qualifiées de "prudentes" et "tout à fait compatibles avec l'objectif de stabilité des prix".

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