Le café, l'or et l'aluminium moins chers

Le prix de l'or a décru sur la semaine, malmené par la perspective d'une politique monétaire plus stricte aux États-Unis, atteignant même jeudi son plus bas niveau depuis plus de deux mois, avant de se ressaisir.

La Libre Eco avec AFP
Le café, l'or et l'aluminium moins chers
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Le cours de l'aluminium était en recul cette semaine à la Bourse des métaux de Londres (LME), lesté par les restrictions sanitaires en Chine, gros consommateur de métaux industriels, qui lutte contre un regain de l'épidémie de Covid-19, malgré l'offre restreinte.

Le prix de la tonne d'aluminium a baissé, "parallèlement à la détérioration des perspectives de croissance économique mondiale et aux confinements chinois", explique Bjarne Schieldrop, analyste à Seb.

La Chine est le premier consommateur de métaux industriels. Mais le pays est confronté depuis le début de l'année à un ralentissement de son économie provoqué par la généralisation des mesures de quarantaine, dans l'espoir d'enrayer un fort regain épidémique de Covid-19. Le prix de l'aluminium sur le LME, qui culminait à 4.073,50 dollars la tonne le 7 mars dernier, soit son record historique, a perdu tous les gains qu'il avait accumulés depuis le début de la guerre en Ukraine.

L'aluminium a même perdu près de 10 % depuis le 24 février, premier jour de l'invasion de l'Ukraine. La Chine a déclaré vendredi qu'elle poursuivrait sa stratégie "zéro Covid", "atout majeur" contre le coronavirus, malgré la frustration croissante à Shanghai où des habitants confinés depuis début avril.

Pour Ole Hansen, analyste de Saxo Bank, ces "mesures draconiennes de confinement" sont susceptibles "d'affaiblir les perspectives de croissance plus fortement que ce que le gouvernement avait initialement prévu". Bjarne Schieldrop prévoit cependant un prix moyen de 3.500 dollars la tonne d'aluminium pour l'ensemble de l'année 2022 "en raison d'une offre restreinte", la Russie étant un important producteur d'aluminium.

"Aucune sanction ne vise encore explicitement les exportations russes de métaux, mais la production et les exportations russes seront affectées par une multitude de facteurs liés à des sanctions économiques plus larges", estime-t-il.

Sur le London Metal Exchange (LME), la tonne d'aluminium pour livraison dans trois mois s'échangeait à 3.058,50 dollars vers 14H15 GMT (16H15 à Paris), contre 3.245,50 dollars le vendredi précédent à la clôture.

L'or fond

Le prix de l'or a décru sur la semaine, malmené par la perspective d'une politique monétaire plus stricte aux États-Unis, atteignant même jeudi son plus bas niveau depuis plus de deux mois, avant de se ressaisir.

"Le métal précieux remonte avant le week-end, mais risque de faire face à des vents contraires avec une Fed attendue déterminée la semaine prochaine", prévient Han Tan, analyste d'Exinity Group. La Réserve fédérale américaine (Fed) qui se réunira la semaine prochaine a amplement signalé sa volonté d'agir vite pour contrer l'inflation galopante aux États-Unis: elle devrait donc remonter ses taux, quitte à peser sur la croissance.

Résultat, le dollar américain monte. Comme le billet vert est la monnaie de référence du marché aurifère, le coût des lingots augmente pour les investisseurs utilisant d'autres devises. Le rendement des obligations d'État américaines augmente également, poussant les investisseurs à la recherche de valeurs refuges vers cette catégorie plutôt que vers le métal précieux.

L'or est cependant recherché par certains investisseurs, estime Ole Hansen, analyste de Saxo Bank, qui souligne que le prix en euros a nettement augmenté (environ 1.800 euros vendredi, contre moins de 1.750 euros au début du mois).

"Les investisseurs européens qui voulaient se prémunir de l'inflation et des risques économiques ont enregistré cette année des bénéfices plus importants que sur les Bourses ou sur le marché obligataire", souligne-t-il.

Vers 14H15 GMT (16H15 à Paris), l'once d'or s'échangeait pour 1.908,63 dollars, contre 1.931,60 dollars sept jours plus tôt.

Le café broie du noir

Les cours du café ont plongé dans la semaine avant de se reprendre, plombés par l'inflation faisant craindre un effritement de la demande.

"Les pressions inflationnistes et le ralentissement de l'économie risquent d'affecter la demande de café, qui est assez dynamique", expliquent les analystes de Société Générale dans une note." Plus les prix augmentent, plus la demande diminue."

"C'est le cas au moins pour le café arabica, qui est plus cher que le robusta", poursuivent les analystes de Société Générale. "Les exportations brésiliennes de robusta ont diminué, car l'industrie locale privilégie de plus en plus l'utilisation de ce grain, moins cher."

Le Brésil est le premier producteur mondial d'arabica et un important producteur de robusta. Les deux références du café ont atteint dans la semaine un plus pas en un mois pour l'arabica à New York (214,25 cents la livre jeudi) et un plus bas en près de deux mois pour le robusta à Londres (à 2.032 dollars la tonne mercredi).

"La demande pourrait être affectée par l'inflation et les actions des banques centrales qui réduisent le pouvoir d'achat des consommateurs", affirme également Jack Scoville, analyste pour Price Group.

L'inflation s'est établie au niveau record de 7,5 % sur un an en avril pour les pays de la zone euro. Aux États-Unis, l'inflation a atteint un sommet depuis 40 ans. Sur l'ICE Futures US de New York, la livre d'arabica pour livraison en mai valait 223,00 cents, contre 227,15 cents sept jours auparavant. Sur le Liffe de Londres, la tonne de robusta pour livraison en mai valait 2.106 dollars vendredi à 14H15 GMT (16H15 à Paris), contre 2.116 dollars il y a une semaine à la clôture.

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