Embargo sur le pétrole et exclusion de la plus grande banque russe : l'Europe propose de nouvelles sanctions contre la Russie

Un nouveau train de sanctions à l'égard de la Russie a été proposé ce mercredi aux eurodéputés. Il concerne notamment les grandes banques russes et le pétrole.

La Libre Eco avec AFP

Bruxelles propose d'exclure trois banques russes supplémentaires, dont Sberbank, le plus gros établissement du pays, du système financier international Swift, dans le cadre d'un nouveau paquet de sanctions, a annoncé mercredi la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.

En frappant "des banques d'une importance systémique essentielle pour le système financier russe", cela renforcera son "isolement total" et amoindrira la capacité de Moscou à financer sa guerre en Ukraine , a-t-elle indiqué devant le Parlement européen. Jusqu'à présent, sept établissements russes ont été privés d'accès à Swift, plateforme de messagerie sécurisée permettant des opérations cruciales comme des ordres de transferts de fonds entre banques.

Un embargo sur le pétrole

La Commission européenne a également proposé un embargo progressif de l'Union européenne sur le pétrole et les produits pétroliers achetés à la Russie.

"Nous renoncerons progressivement aux livraisons russes de pétrole brut dans les six mois et à celles de produits raffinés d'ici à la fin de l'année", a-t-elle détaillé devant les eurodéputés à Strasbourg, en présentant un sixième paquet de sanctions contre Moscou pour tarir le financement de son effort de guerre contre l'Ukraine. "Il s'agira d'une interdiction complète des importations de tout le pétrole russe, transporté par voie maritime ou par oléoduc, brut et raffiné (...) de façon ordonnée, d'une manière qui nous permettra de mettre en place d'autres voies d'approvisionnement." Le pétrole russe représente environ un quart des importations de pétrole de l'UE.

Deux pays exemptés d'embargo

Selon plusieurs responsables et diplomates européens, le projet de la Commission - soumis dans la nuit aux Etats membres - prévoit une exemption pour la Hongrie et la Slovaquie. Ces deux pays, enclavés et totalement dépendants des livraisons par l'oléoduc Droujba, pourront continuer leurs achats à la Russie en 2023, a précisé l'un de ces responsables.

"Ce ne sera pas facile. Certains États sont fortement dépendants du pétrole russe. Mais nous devons tout simplement y travailler", a plaidé Ursula von der Leyen, devant le Parlement européen. "Nous exercerons ainsi une pression maximale sur la Russie, tout en réduisant au minimum les dommages collatéraux pour nous et nos partenaires", a-t-elle estimé.

De son côté, le gouvernement hongrois regrette que cet embargo ne prévoit aucune "garantie" pour la sécurité énergétique de son pays. "Nous ne voyons pas de plan concernant la manière de réussir une transition sur la base des propositions actuelles et de garantir la sécurité énergétique de la Hongrie", a commenté le service de presse du gouvernement interrogé par l'AFP, sans dire si cela signifiait un rejet du projet bruxellois en l'état.

"Nous ne pouvons pas garantir dans cette situation qu'il n'y aura pas de perturbations" dans les approvisionnements en pétrole en Allemagne, a affirmé pour sa part Robert Habeck, lors d'une conférence de presse à Meseberg au nord de Berlin, avertissant que "les prix peuvent également augmenter de manière significative sur une période de 180 jours".

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