Embargo sur le pétrole russe : "Cette décision risque de faire grimper les prix et d'exacerber le contexte inflationniste"

Les cours de l'or noir sont en nette hausse, soutenus par les inquiétudes concernant l'offre, alors que l'UE met fin aux importations de pétrole en provenance de la Russie, son partenaire commercial le plus important pour ce produit.

La Libre Eco avec AFP
En 2021, la Russie a fourni 30 % du brut et 15 % des produits pétroliers achetés par l'UE.
En 2021, la Russie a fourni 30 % du brut et 15 % des produits pétroliers achetés par l'UE. ©Shutterstock

Les prix du brut étaient en nette hausse mercredi, les deux références de l'or noir prenant plus de 3 %, galvanisées par la proposition de l'Union européenne d'un embargo progressif sur le pétrole russe.

Vers 09H00 GMT (11H00 à Paris), le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en juillet gagnait 3,11 % à 108,23 dollars. Le baril de West Texas Intermediate (WTI) américain pour livraison en juin montait quant à lui de 3,18 % à 105,67 dollars.

Bruxelles propose d'arrêter d'ici six mois les importations européennes de pétrole russe et d'exclure la plus grosse banque russe, Sberbank, du système financier international Swift, a annoncé mercredi la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.

En 2021, la Russie a fourni 30 % du brut et 15 % des produits pétroliers achetés par l'UE.

Les cours de l'or noir sont en nette hausse, "soutenus par les inquiétudes concernant l'offre, alors que l'UE met fin aux importations de pétrole en provenance de son partenaire commercial le plus important pour ce produit", commente Victoria Scholar, analyste pour Interactive Investor. Mais les prix du brut ne s'envolent pas pour autant, met en garde Stephen Innes, analyste chez Spi Asset Management.

Cette mesure suscite en effet encore des réserves chez certains pays de l'UE, très dépendants des livraisons russes, ont indiqué à l'AFP plusieurs responsables et diplomates européens.

La Commission européenne propose une exemption pour la Hongrie et la Slovaquie. Une dérogation qui pose problème car la Bulgarie et la République tchèque voudraient également en bénéficier. "Cette décision est susceptible de créer de sérieux vents contraires pour l'économie de l'UE, en particulier pour l'Allemagne, avec le risque de faire grimper les prix et d'exacerber le contexte inflationniste", affirme Victoria Scholar.

L'Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses partenaires (Opep+) se réunit jeudi, lors d'un désormais traditionnel point mensuel, pour discuter d'une potentielle augmentation de ses quotas de production. Mais la décision de l'alliance ne devrait pas être un "soulagement" pour le marché selon Ipek Ozkardeskaya, analyste pour Swissquote, "car le cartel ne prévoit pas d'augmenter la production de plus de 432 000 barils par jour, comme prévu".

Les investisseurs se tourneront mercredi vers les données hebdomadaires de l'Agence américaine d'information sur l'Énergie (EIA) sur les stocks de brut des États-Unis, premier consommateur de pétrole au monde.

Pour la semaine dernière, les analystes s'attendent à ce que les stocks de brut aient reculé de 600.000 barils, selon la médiane d'un consensus compilé par Bloomberg.

>> Lire aussi :Pourquoi la Belgique ne craint pas de pénurie même avec un embargo sur le pétrole russe

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